Ce primitif qui partage notre ADN…

Neandertal l’expo

Jusqu’au 7 janvier 2019

Musée de l’Homme, 17 place du Trocadéro, Paris 16e

Le Musée de l’Homme expose les dernières recherches sur l’Homme de Neandertal, que l’on rapprochait du singe alors que l’analyse de son génome prouve qu’il fait partie de la lignée humaine !

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En 1856, la découverte d’une calotte crânienne dans la vallée (thal) de Neander en Allemagne – d’où son nom – met à mal la croyance selon laquelle l’homme de Neandertal descend du singe. D’autre part, contrairement au mythe de l’homme primitif, à demi-nu, poilu, tenant une massue dans la main, véhiculée par les supports littéraires du XIXe siècle, aucune trace de massue n’a jamais été retrouvée parmi ses armes ! Mais il est vrai que l’homme de Neandertal a été occasionnellement cannibale, sans que les chercheurs sachent pourquoi (fonction alimentaire ou rituelle ?).

“Il n’était ni supérieur, ni inférieur à l’homme moderne, il était différent”, analyse Marylène Patou-Mathis, commissaire scientifique de l’exposition. “La hiérarchisation est contraire à la démarche scientifique. Rien n’est fixé ou linéaire. L’évolution humaine est buissonnante, tant d’un point de vue biologique que culturel.”

La première partie du parcours retrace l’environnement dans lequel l’homme de Neandertal vivait il y a 350.000 (Paléolithique), réparti entre l’Angleterre et l’Ouzbékistan (Eurasie) jusqu’au Proche-Orient. Il se nourrit de la chasse grâce à une faune abondante, composée essentiellement de renards polaires, ours, loups, bisons, rennes, chevaux, oiseaux, mollusques, lièvres. Il mange également divers végétaux (baies, rhizomes, légumineuses, champignons, graminées sauvages).

 

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La seconde section s’intéresse aux différentes morphologies des crânes retrouvés. Son front est fuyant, son menton quasiment absent comme ses ancêtres, mais est doté d’un cerveau volumineux et de petites molaires comme l’homme moderne. Ses caractéristiques propres sont sa petite taille, sa forme trapue, son squelette robuste et sa musculature puissante. Il a un large thorax et des avant-bras courts. Restent des inconnues : la forme de son nez et de ses oreilles, sa pilosité et la texture de ses cheveux. Après décryptage du génome de plusieurs fossiles, les experts ont déterminé que certains avaient le teint clair et des cheveux roux ou étaient bruns aux yeux marrons. En outre, il dispose d’une large gamme phonétique ; il peut articuler toutes les voyelles. Il est doté du gène FoxP2, similaire à celui associé au langage chez l’homme moderne. Enfin, il était artisan, peut-être artiste… L’enquête reste ouverte à ce sujet.

La dernière section du parcours aborde la question de la lignée avec l’Homo Sapiens. L’homme de Néandertal se serait métissé avec l’Homo Sapiens au Proche-Orient entre 80.000 et 60.000 ans avant notre ère. Un dispositif multimédia nous apprend que si nous n’avons pas d’origines exclusivement africaines, nous partageons avec l’homme de Neandertal jusqu’à 4% de son ADN. Entre 2 et 4% si nous sommes d’origine européenne, et plutôt 4% si nous avons des origines asiatiques… Ce qui implique, si j’ai bien tout suivi (cf. dispositif multimédia sur les hypothèses de l’espèce Neandertal), que ma tendance à l’intuition plus qu’à la rationalisation est inscrite dans mon ADN que je situe à 3% en commun avec celui de Neandertal !

J’avais retardé la visite de cette exposition, n’étant pas très portée sur la vision des squelettes, crânes et os. Finalement, j’ai été séduite par le contenu scientifique de cette exposition familiale, très bien mise en scène.
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