Réenchanter le monde

Institut de recherche sur la forêt et la nature — IBN Stefan Behnisch  Wageningen, Pays-Bas  1993 – 1998 Maître d’ouvrage › Ministry of Housing and Agriculture in the Netherlands © Jana RevedinArchitecture, ville, transitions

Jusqu’au 6 octobre 2014

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Cité de l’architecture & du patrimoine, Palais de Chaillot, 1 place du Trocadéro, Paris XVI

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C’est un de ces jours où tout m’exaspère : je sors de chez moi pour vider ma poubelle de recyclage et je me désespère de voir que mes voisins n’ont pas compris en quoi consistait le tri sélectif ; sur le chemin de l’école, je vois des enfants se débarrasser de leur compote jetable par terre ; sur mon vélo, je compte les voitures avec un seul conducteur et je me frite avec un motard qui roule sur la piste cyclable! Heureusement, en arrivant à la Cité de l’architecture & du patrimoine, je découvre une exposition qui me redonne de l’espoir ; elle est justement appelée “Réenchanter le monde” !

L’exposition regroupe les cinq lauréats du Global Award for Sustainable Architecture. Leur chef de file, Christopher Alexander (Angleterre), a développé la théorie du Pattern Language (1977), qui prône l’auto-construction. Elle est testée dès 1976 à Mexicali, au nord de Mexico.

Tatiana Bilbao (Mexique) est reine du chantier artisanal car elle travaille avec des artisans expérimentés mais ne sachant pas lire les plans.

Bernd Gundermann (Nouvelle-Zélande) a imaginé en concertation avec les Maoris un système d’installation de colonies de coquillages pour éradiquer l’érosion de la digue du yacht club d’Auckland (au lieu de recourir à un barrage en béton).

Martin Rajnis (République Tchèque) est l’inventeur du Super Scaffolding building system (SSBS), technique de l’échafaudage en bois.

Adriaan Geuze (Pays-Bas) est passé maître en aménagement des fronts de mer (rives du Lac Ontario, Canada / Gouvernor’s Island, New York). Il sait apporter à la topographie relief et mouvement.

“Réenchanter le monde” présente leurs projets pour un monde plus écologique, moins énergétique, plus civilisé et moins égoïste ! Ces hommes et femmes du Nord et du Sud proposent une architecture alternative, qui utilisent les techniques du XXIe siècle – il ne s’agit pas de revenir aux caves de Cro-Magnon ! – tout en les associant aux réalités du terrain. A savoir les matériaux (terre, bois, briques, verre) et les cultures locales.

La première partie expose leur manifeste qui  pose la question “de quel progrès avons-nous besoin ?”. Afin de faire face aux transitions urbaine (migrations), démographique (boom), économique (transfert du Nord au Sud), énergétique (épuisement des ressources fossiles) du XXIe siècle, initiées depuis la crise énergétique de 1974.

Safe Haven (« le refuge ») — Orphelinat Tyin Tegnestue Architects Ban Tha Song Yang, Noh Bo, Thaïlande  2009 Maître d’ouvrage › orphelinat Safe Haven avec le concours de l’université de Trondheim (NTNU), professeurs Sami Rintala et Hans Skotte ; Ole Jørgen Edna © › Pasi AaltoLa seconde section dévoile les cent projets qui illustrent ce manifeste. De la savonnerie Heymans en Belgique au programme de reboisement et de lutte contre l’érosion en Israël, en passant par l’aménagement du parc national de Pamir en Afghanistan et la maison d’hôte et auberge de jeunesse de Baoxi, dans la province du Zhejiang en Chine.

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La troisième partie ressemble à un cabinet de curiosités et donne un aperçu de l’univers de recherche de ces hommes et femmes engagés, qui cherchent à créer du dialogue avec leurs contemporains et servir de lien entre les sphères scientifiques et les populations réceptacles des inventions.

Bibliothèque du collège et logements des professeurs Diébédo Francis Kéré  Gando, Burkina Faso  2004 Maître d’ouvrage › commune de Gando, avec le soutien de l’entreprise Hevert Arzneimittel © Diébédo Francis KéréEnfin, la salle de projection diffuse les réalisations des architectes qui ont pu appliquer à grande échelle leurs idées. Tel le village de Gando de Francis Kéré, où hommes, femmes et enfants travaillent ensemble à la construction de leur village. En utilisant le matériau dont ils disposent le plus : la terre et en se fondant sur l’énergie collective et la tradition de solidarité, propre à la culture africaine. Ou l’université de Hangzhou construite par Wang Shu, qui est parvenu à éviter l’éradication pure et simple de villages traditionnels. Et pour prendre un exemple européen – ils existent même si la plupart des chantiers d’architecture contemporaine, durable et populaire, se trouvent plutôt dans les pays du Sud –  : la rue Delacroix rénovée par les habitants de Boulogne-sur-mer.

La scénographie s’organise comme un ensemble de montagnes de cubes où sont décrits les projets, que l’on peut prendre pour lire tranquillement, puis remettre à sa place (s’il vous plaît !). Certes, cette exposition n’est pas arty comme j’ai l’habitude d’en voir. Mais là n’est pas le propos. La réflexion de ces hommes et femmes oeuvrant pour parer aux inégalités sociales tout en préservant la planète mérite toute notre attention.

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