L’amour du baroque

Musée Nissim de Camondo, Paris, 2008 (c) Photo: Jean-Louis Del MoralMusée Nissim de Camondo

Suite ELLE Décoration vue par Christian Lacroix à la Cité de l'architecture & du patrimoine (c) Photo: Jean-Marc Palisse pour ELLE DécorationLa Suite ELLE Décoration par Christian Lacroix

Jusqu’à mi décembre 2008

Musée Nissim de Camondo, 63, rue de Monceau 75008, 01 53 89 06 50, 6€ (audioguide inclus)
La Suite ELLE Décoration à la Cité de l’architecture & du patrimoine (4e étage), 1, place du Trocadéro 75116, 3€

Que réunit le musée Nissim de Camondo et la Suite ELLE Décoration – deux créations aux antipodes de la chronologie? L’amour du baroque! Le musée Nissim de Camondo, situé dans un très bel hôtel particulier donnant sur le Parc Monceau, a été construit pour abriter l’importante collection du banquier Moïse de Camondo (1860-1935), marqué par son goût du baroque. A l’instar de la Suite Elle Décoration, habillée d’une manière audacieuse par Christian Lacroix.

L’hôtel Camondo

Musée Nissim de Camondo, Paris, 2008 (c) Photo: Jean-Louis Del MoralSous le Second Empire, les frères juifs séfarades Abraham-Béhor et Nissim de Camondo émigrent à Paris pour leurs affaires – ils ont fondé à Constantinople l’une des plus importantes banques de l’Empire Ottoman -. Ils achètent deux hôtels particuliers mitoyens aux abords du parc Monceau. Le descendant de Nissim de Camondo, Moïse, hérite de l’hôtel du 63, rue de Monceau, en 1911. Mécène et collectionneur, il fait détruire la maison de ses parents pour la reconstuire selon ses propres goûts, afin d’y abriter ses meubles et objets d’art du XVIIIe siècle – l’époque qu’il affectionne le plus. L’architecte René Sergent est chargé des travaux; il édifie un nouvel hôtel particulier s’inspirant du Petit Trianon de Versailles.

Dans son testament, Moïse de Camondo lègue ses collections à l’Union centrale des arts décoratifs – devenue, en 2004, Les Arts Décoratifs -, et à l’Etat français. Il stipule que ses collections doivent rester indivisibles pendant 50 ans et que l’hôtel transformé en musée prenne le nom de son fils, Nissim de Camondo (appelé ainsi en hommage à son grand-père), mort lors d’un combat aérien pendant la Première Guerre mondiale.
Le musée est inauguré en 1936.

Musée Nissim de Camondo, Paris, 2008 (c) Photo: Jean-Louis Del Moral Aujourd’hui, plusieurs pièces ont été restaurées grâce à divers mécénats. L’hôtel est merveilleusement bien conservé et semble toujours habité. La cuisine comporte des fruits et légumes en trompe l’oeil, quelques Gazettes des Beaux-Arts, soigneusement reliées en maroquin rouge, trônent sur la table à thé (attribuée à Bernard Molitor, vers 1787/88) dans la Bibliothèque, prêtes à être parcourues par le maître des lieux.

Il serait impossible de cataloguer les innombrables pièces rares rassemblées ici. Une visite physique s’impose – vous ne serez pas déçus! – et pour ceux qui ne le peuvent pas, le site Internet du musée propose une visite virtuelle pointue et agréable à découvrir.

La Suite ELLE Décoration

Univers complètement différent, car moderne, mais conçu dans un même esprit baroque. Christian Lacroix est invité par ELLE Décoration, qui fête, comme le couturier, ses 20 ans de création, à parer la Suite du palais de Chaillot.

Suite ELLE Décoration vue par Christian Lacroix à la Cité de l'architecture & du patrimoine (c) Photo: Jean-Marc Palisse pour ELLE DécorationCette Suite remet au goût du jour l’appartement des années 1930 de Jacques Carlu, architecte du lieu. L’espace de 250m2, avec une vue imprenable sur Paris, est aménagé de manière éclectique, à mi-chemin entre une galerie d’art et un atelier d’artiste. Sur les murs, des toiles peintes; au sol, des moquettes réalisées selon les dessins de Christian Lacroix.

Suite ELLE Décoration vue par Christian Lacroix à la Cité de l'architecture & du patrimoine (c) Photo: Jean-Marc Palisse pour ELLE DécorationLes couleurs chaudes – “cape de torero” (rouge sang, fuschia, jaune souffre) – dominent et rappellent le style flamenco, cher au couturier. Les pièces vintages (Jean Prouvé, Joe Colombo, Charlotte Perriand, Pierre Paulin) côtoient du mobilier contemporain. Des oeuvres d’art (Daniel Firman, Hervé Salgado, Marlene Mocquet, Ettore Sottsass) font face aux objets du quotidien.

Publicité

Suite ELLE Décoration vue par Christian Lacroix à la Cité de l'architecture & du patrimoine (c) Photo: Jean-Marc Palisse pour ELLE Décoration “D’entrée la volonté d’être ailleurs, de traverser le miroir longeant le couloir aux parois kaléïdoscope et à la moquette brodée, télescopages spatio-temporel d’influences et inspirations diverses dans un halo de lumière rose”, commente Christian Lacroix.

La Suite changera d’allure plusieurs fois dans l’année selon les inspirations du nouveau maître des lieux. On retrouve ici toute la créativité de son esprit!

Visite guidée par Christian Lacroix, les jeudis entre 16h et 20h (une visite par heure) et les dimanches entre 14h et 18h. Visite virtuelle de la Suite sur le site Internet de ELLE.

Pour marque-pages : Permaliens.

3 réponses à L’amour du baroque

  1. Ping :Les débuts de la photographie anglaise/française et de l’aquarelle - Artscape: Art, Culture & Paris

  2. Ping :Le blanc selon Martin Margiela - martin margiela suite elle decoration cite architecture patrimoine

  3. Ping :JP Gaultier, magicien des temps modernes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *