Gaston Paris

L’oeil fantastique

Jusqu’au 23 avril 2022

Galerie Roger-Viollet, 6 rue de Seine, Paris 6e

La galerie Roger-Viollet présente de manière concomitante et en collaboration avec le Centre Pompidou une réhabilitation du photographe Gaston Paris (1903-1964). Une oeuvre saisissante qui couvre l’ambiance festive des années 1930 à la dépression de la Seconde Guerre mondiale.

Femmes dans une fête foraine. France, vers 1935 © Gaston Paris / Roger-Viollet

La Galerie Roger-Viollet a hérité des 15 000 négatifs du photographe en 1964. Leur récente numérisation a permis d’organiser cette exposition qui permet de découvrir quatre-vingt tirages d’une grande qualité de composition.

« Gaston Paris est à la hauteur d’un Doisneau, d’un Kértesz », commente Dominique Lecourt (directeur éditorial de l’agence Roger-Viollet), co-commissaire de l’expositon.

Ouvrier et rosace en contre-jour à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Paris, vers 1935.
© Gaston Paris / BHVP / Roger-Violle

Les oeuvres dévoilent un joli travail sur la lumière et une attirance pour les cercles, alors que le format des tirages est carré. Cette composition stylisée se remarque notamment dans ses vues des souffleries d’avions de Chalais-Meudon, ou les rosaces de Notre-Dame-de-Paris.

Le photographe s’intéresse au monde du spectacle (thématique développée par l’exposition au Centre Pompidou) : vue de ballet mais aussi loges des danseuses étonnamment replètes des Folies-Bergères et de l’Opéra de Paris !

Edith Piaf (1915-1963), chanteuse française. France, 1940 © Gaston Paris / Roger-Viollet

Il capture également les personnalités de son époque : Édith Piaf, Brigitte Bardot, Henri Salvador, Joséphine Baker, etc. Et photographie avec beaucoup d’humanisme les réfugiés de la guerre d’Espagne de 1936. Il publiait ses reportages dans le magazine hebdomadaire d’informations illustrées Vu, dont il était l’unique salarié, ou dans Match (à ne pas confondre avec Paris-Match !).

Reconstitution d’une scène de meurtre. France, vers 1935 © Gaston Paris / Roger-Viollet

Une dernière section est consacrée à des oeuvres mystérieuses : des reconstitutions de scènes de crime. Aucun écrit ne permet de comprendre pourquoi il les a réalisés. « Une commande, peut-être, pour des romans photos à la mode dans les années 1950 », avance Dominique Lecourt.

Une petite exposition exquise, à compléter avec celle de l’Académie des Beaux-Arts juste à côté (27 quai de Conti, Paris 6e). « Itinérance » présente le travail de quinze artistes ayant résidé à la Casa de Velázquez entre 2020 et 2021. Peinture, dessin, vidéo, photographie, architecture, création sonore… À voir jusqu’au 20 février 2022.

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