Durandal, Excalibur, Joyeuse… fascinantes épées!

L’Epée – Usages, mythes et symboles

Jusqu’au 26 septembre 2011

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Musée de Cluny, 6 place Paul Painlevé 75005

Objet profane le plus représentatif du Moyen-Age, l’épée dispose d’une symbolique bien plus complexe que la simplicité de sa forme ne pourrait le laisser croire. Le musée de Cluny décrypte ses usages réels et ses fonctions symboliques, voire mythiques, en présentant des armes, manuscrits, peintures et objets d’orfèvrerie, du Ve au XVe siècle.


Présente dans toutes les civilisations maîtrisant la métallurgie, l’épée a traversé l’âge de cuivre pour parvenir jusqu’à l’époque contemporaine. Rares sont les artisans qui ont laissé un nom. Ils devaient pourtant maîtriser de nombreuses techniques, souvent contradictoires, comme la légèreté/la solidité, la souplesse/le tranchant. Gicelin (1ere moitié du XIe siècle) et Ingelrii (entre 1150 et 1260) figurent parmi les forgerons qui ne sont pas restés anonymes.

Une épée est universellement reconnaissable à sa lame, sa garde, sa poignée et à son pommeau. Selon le roi Alfonse X le Sage (roi de Castille et de Léon de 1252 à 1284), ces quatres parties correspondent à quatre vertus humaines fondamentales: sagesse, courage, force et justice. “[…] les anciens établirent que les nobles défenseurs devraient toujours porter l’épée, et aussi qu’ils devaient recevoir avec elle l’honneur de chevalerie, et non avec une autre arme, afin qu’ils gardassent toujours présentes à l’esprit les quatre vertus qu’ils doivent cultiver en eux-mêmes. Car sans elles, ils ne pourraient accomplir convenablement la mission de défense qui est la leur.” (in Siete Partidas, Sept Parties).

Symbole de noblesse, l’épée est également dotée d’une symbolique religieuse – de nombreux saints ont pour attributs l’épée (saints George, Damien, Maurice, Côme) – et royale. L’espace consacrée aux épées “nationales” est un temps fort de l’exposition. A elle seule, une épée incarne une nation. Ainsi de l’épée de Svante Nilsson Sture, régent suédois du XVIe siècle et défenseur de l’indépendance de son pays. Sans oublier la célèbre épée de Charlemagne, appelée Joyeuse, dont la légende est contée dans la Chanson de Roland. Lui-même disposait d’une épée tout aussi renommée – Durandal. Cette personnification atteste de la force symbolique conférée aux épées. Au point de les rendre mythiques: certaines voleraient, d’autres pourraient briser un roc ou encore rendre invicible leur propriétaire…

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Mais l’épée peut également disposer d’une connotation négative. Si elle l’arme qui fait justice, elle peut être aussi celle du traître, de l’ennemi, de l’Autre. Dans l’iconographie chrétienne, le sabre oriental en est le parfait exemple.

Outre la magnificence de certaines épées, disposant de pierres précieuses et de fines gravures, l’exposition atteint son point d’orgue avec une vidéo de combats projetée sur les pierres apparentes de la voûte récemment restaurée. Juste à côté, le visiteur peut soupeser une épée – ne pas hésiter à introduire la main dans l’interstice prévu à cet effet (comme je l’ai appris ultérieurement à mes dépens!).

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Une réponse à Durandal, Excalibur, Joyeuse… fascinantes épées!

  1. l’epee porte l’honneur

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