Fauve, anarchiste et mondain

Van Dongen

Jusqu’au 17 juillet 2011

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Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson 75116

Peintre hollandais prompt à la caricature et à la dénonciation sociale, Kees Van Donfen (1877-1968) est devenu une figure majeure de la scène parisienne des Années Folles. Sublime, l’exposition présentée au musée d’Art moderne de la Ville de Paris reprend et complète celle du Musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam (All eyes on Kees Van Dongen). Pour le plus grand plaisir du public français: vous n'aurez pas cette fois à prévoir la réservation d'hôtel à Amsterdam et le transfert pour (re)voir ses oeuvres!


Le titre de l’exposition, centrée sur sa période parisienne, évoque moins une succession chronologique qu’une superposition de postures artistiques. K. Van Dongen occupe une place originale et un rôle décisif quant à la diffusion du fauvisme à l’étranger (Hollande, Allemagne, Russie).

Profondément urbain », l’artiste avant-gardiste se focalise sur le corps féminin, en particulier le visage fardé jusqu’à la déformation par la lumière électrique empruntée à Degas et Toulouse-Lautrec, devenant en quelque sorte sa griffe.

Lors de ses voyages au Maroc, en Espagne et en Egypte au début des années 1910, Van Dongen réinvente l’Orient. Ses couleurs sublimes regénèrent le Fauvisme (cf. Andalucia, Femme arabe, Saïda).

Mais Paris reste le sujet principal de sa peinture. Montmartre, où il rencontre Picasso et Derain, le séduit par sa verve populaire et la vie de bohème. Au tournant de la guerre de 1914, il devient l’un des principaux animateurs de Montparnasse, mettant en scène une nouvelle femme à connotation plus érotique. A la sortie de la guerre, les Années Folles qu’il qualifie de “période cocktail”, il se consacre exclusivement à la nouvelle élite parisienne : hommes et femmes de lettres, stars du cinéma et de la scène, aujourd’hui oubliés, annonçant avec quarante ans d’avance l’univers des beautiful people d’Andy Warhol. La pose est outrée, le costume et l’accessoire théâtralisés pour mieux révéler le factice de ces personnalités qui n’existent qu’à travers leur rôle.

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Malgré une célébrité précoce, l’oeuvre de Van Dongen reste aujourd’hui méconnue. “A la différence de ses contemporains comme Derain, Braque ou Dufy, son oeuvre ne s’est jamais inscrite dans le schéma évolutif menant de l’impressionnisme au cubisme. De manière délibérée, Van Dongen a choisi de poursuivre une voie originale tout en continuant à fréquenter Picasso, les milieux de Montmartre puis de Montparnasse”, commente Fabrice Hergott, directeur du MAMVP.

Le succès de K.V.D. qu’on peut comparer à celui de Foujita et sa participation aux avant-gardes témoignent de la singularité de celui qui se plaisait à signer “Le Peintre”. Le Lustre, Autoportrait en Neptune, Le Tango sont autant d’oeuvres qui fascinent par leur liberté de couleurs et de sujets. Seulement deux visuels autorisés par article (l’Adagp veille…) mais que cela vous incite à aller voir cette sublime exposition!

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