Yves Saint Laurent

Les coulisses de la haute couture à Lyon

Jusqu’au 5 décembre 2021

Musée Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau, Paris 16e

Avec “Les coulisses de la haute couture à Lyon”, le musée Yves Saint Laurent Paris nous fait découvrir l’envers du décor. Comment une pièce de haute couture est-elle réalisée ? À partir de quels tissus ? Par quels fabricants ? Une approche technique qui montre le rapport passionné du maître à la matière.

Robe du soir portée par Chrystele Saint Louis Augustin. Collection haute couture P/E 1996. Photographie Guy Marineau © Yves Saint Laurent / photo Guy Marineau

De sa lointaine chambre d’Oran – sa ville natale, en Algérie -, le jeune Yves Mathieu Saint Laurent feuillette les magazines de mode. Il apprend à connaître les noms des producteurs de tissus et des converteurs (intermédiaires qui servent de relais entre une maison de couture et un producteur de tissu) lyonnais qui achètent des pages de publicité pour présenter leurs modèles.


Robe de jour La Mañola pour la paper doll Ivy comportant l’annotation « satin de Ducharne »
au verso, 1953-1955 © Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent

Dès ses 16 ans, il crée des paper dolls en découpant dans les magazines des silhouettes de mannequins célèbres des années 1950 et leur invente une tenue du jour (robe + manteau) ou du soir (robe + manteau).


Robe de mariée dite Shakespeare, collection haute couture
automne-hiver 1980 © Yves Saint Laurent / photo Alexandre Guirkinger

Le parcours présente sept maisons lyonnaises qui ont travaillé pendant quarante ans avec Yves Saint Laurent : Bianchini-Férier, Bouton-Renaud, Brochier, Sfate et Combier pour les soyeux ; maisons Bucol, Abraham, et Beaux-Valette pour les converteurs qui faisaient fabriquer les étoffes entre Rhône et Saône. Ces maisons sont spécialisées dans les mousselines, la laine, l’organza, la crêpe, le velours, le taffetas, le lamé or, le Lurex, la Cigaline (tissu synthétique inventé par la maison Bucol, très fin et léger, crissant comme les ailes d’une cigale). Comme le dévoile une trentaine de modèles dont on découvre le processus créatif, du premier morceau de tissu appelé robrac à la pièce finie.


Kirat Young et Yves Saint Laurent dans le studio du couturier, 1983. Photographie de Guy Marineau

L’exposition est l’occasion de mettre en avant les noms de ceux qui travaillent dans l’ombre, grâce aux archives conservées dans la maison depuis la création du studio d’YSL en 1962 au 30bis rue Spontini (lieu actuel du musée). Et d’apporter une lumière nouvelle sur son génie créatif, lui qui parvient à imaginer une robe à partir d’un petit morceau de tissu. Puis tel, un peintre, il prépare sa palette (son nuancier de tissus), fait un croquis, “valide le tombé du patron sur un mannequin vivant – particularité de la maison -, pas de manière frontale, mais à travers un miroir”, précise Aurélie Samuel (directrice des collections du musée YSL Paris), co-commissaire de l’exposition.

Gros travail de recherches et une belle mise en scène qui rend hommage aux créations haute couture. Une exposition de mode émouvante tant la main du maître, photographiée par Pierre Boulat qui l’a suivi durant toutes ses collections, semble encore vivante.

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