L’héritage de Picasso

Chéri Samba, Picasso, 2000, Acrylique sur toile, 81 x 99,8 cm, Collection particulière © Chéri SambaPicasso.mania

Jusqu’au 29 février 2016

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Catalogue de l’exposition : 

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Grand Palais, Galeries nationales, entrée square Jean Perrin, Paris 8e

Depuis la mort de Pablo Picasso (1881-1973), une vingtaine d’expositions, monographiques ou collectives, lui ont été consacrées. Celle présentée au Grand Palais propose un regard croisé sur des oeuvres clés de l’artiste démiurge et celles d’artistes modernes et contemporains célèbres, dont David Hockney, Martin Kippenberger, Frank Stella, Roy Lichtenstein, etc.

L’exposition pose la question de l’héritage de Picasso dans la création contemporaine. Si ses oeuvres emblématiques – Les Demoiselles d’Avignon (1907) et Guernica (1937) – n’ont pu être déplacées pour des raisons de volume, elles sont tout de même évoquées à travers 2 salles.

La première rappelle l’importance des Demoiselles dans l’histoire de l’art en tant qu’oeuvre actant la naissance du modernisme pictural. Or, les artistes femmes contemporaines posent la question de ces prostituées peintes, objets plutôt que sujets de l’art. Tandis que les artistes africains et afro-américains, s’ils reconnaissent à Picasso sa contribution pour la valorisation de l’art africain, ils remettent en cause le fait que les arts premiers n’ont longtemps été considérés dans l’histoire de l’art que d’un point de vue occidental.

La seconde s’ancre dans l’histoire tout court. Les artistes américains opposés à la guerre du Vietnam (tels Leon Golug, Rudolf Baranik) brandissent lors des manifestations l’image de Guernica tandis qu’Abel Abdessemed (Who’s afraid of the big bad wolf ?, 2011/12) réalise une terrifiante fresque d’un carnage animalier, réinterprétant l’adage selon lequel « L’homme est un loup pour l’homme ».

Les autres oeuvres de Picasso – de ses natures mortes cubistes aux Mousquetaires -, issues du Musée national Picasso-Paris, du Musée national d’art moderne et des collections de l’artiste sont présentées telles que l’artiste lui-même les avaient accrochées dans ses ateliers ou lors d’expositions qu’il avait supervisées (Galerie Georges Petit, Paris, 1932 ; Palais des Papes, Avignon, 1970 et 1973).

Pablo Picasso, Mousquetaire assis tenant une épée, 19 juillet 1969, Huile sur toile, 195 x 130 cm, Collection particulère © Succession Picasso 2015 / photo Béatrice Hatala

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L’exposition s’achève sur les dernières oeuvres picassiennes, mal reçues à l’époque par la critique. Douglas Cooper (historien de l’art et collectionneur) avait qualifié les débats amoureux peints par Picasso comme des « gribouillages incohérents exécutés par un vieillard frénétique dans l’antichambre de la mort ». Mais dix ans plus tard (années 1980), elles donnent le ton d’un renouveau de la peinture qui remet au coeur de ses préoccupations la figuration et la narration.

David Hockney, Harlequin [Arlequin], 1980, Huile sur toile, 121,9 x 91,4 cm, Los Angeles, collection The David Hockney Foundation © David Hockney

Pensée par Didier Ottinger, la thématique de l’exposition ne pouvait qu’être percutante. Les oeuvres contemporaines se présentent sous divers supports (vidéos, peintures, sculptures, arts graphiques, films, photographies, installations) et ajoutent de la variété au propos. Même si à mes yeux toutes ne sont pas de qualité égale (mention spéciale pour Frank Stella, Martin Kippenberger, Rineke Dijkstra), de même que je ne suis pas d’accord sur la “virtuosité picturale” des femmes picassiennes au crépuscule de sa vie. Néanmoins, voici une des meilleures expositions de la rentrée.

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