Le monde poétique de Miro

Joan Miro (1893-1983)

Jusqu’au 4 février 2019

Achetez le catalogue de l’exposition : 

Galeries nationales du Grand Palais, Entrée square Jean Perrin, Paris 8e

Le Grand Palais organise une rétrospective consacrée à l’artiste catalan Joan Miro (1893-1983). La première depuis 1974 !

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Le parcours retrace la carrière de Miro, avec un focus sur les périodes clés de sa création : fauvisme, cubisme, détaillisme, surréalisme. Ni abstrait, ni figuratif, l’art de Miro se base sur un vocabulaire poétique, original et ouvert. Si Miro se laisse influencer par les grands courants de son époque, au cours des sept décennies de sa création, il gardera toujours son indépendance. “Les gens comprendront de mieux en mieux que j’ouvrais des portes sur un autre avenir, contre toutes les idées fausses, tous les fanatismes”, disait-il.

L’exposition débute sur ses premières oeuvres réalisées à Mont-roig, village catalan, qui restera l’arrière-pays où il se ressource, après son départ pour Paris. Du fauvisme, Miro retient la valeur expressive de la couleur qu’il utilise pour exprimer le bouillonnement de sa vie intérieure. Chaque ligne, chaque couleur, chaque fond modulé avec précision, tend à exprimer son énergie vitale.

Entre 1916 et 1919, Miro assimile certains principes cubistes : découpage des plans en facette, basculement des perspectives, multiplication des points de vue. Pourtant, en 1917, il dira à André Masson : “Je briserai leur guitare”. Ses toiles témoignent d’une grande variété de sources : art catalan, fauvisme, futurisme italien.

A Mont-roig, il dispose d’une ferme familiale dont il veut rendre minutieusement chaque microcosme vivant : des brindilles aux insectes en passant par les fleurs (La Ferme, 1921/22). “Pour lui, un brin d’herbe a autant d’importance qu’une montagne”, commente Jean-Louis Prat (ancien directeur de la Fondation Maeght), commissaire de l’exposition.

En 1920, Miro se rend à Paris pour la première fois. Ce voyage lui fait l’effet d’un coup de poing. “Décidément, plus jamais Barcelone. Paris et la campagne et cela jusqu’à ma mort”, écrit-il à son ami Enric Cristofol Ricart (1920). Miro s’installe dans la capitale française un an après, rue Delambre (Paris 14e) et loue un atelier rue Blomet (15e). Grâce à Masson – son voisin d’atelier -, il fait la connaissance de poètes et écrivains qui ont pour point commun de vouloir créer un nouveau langage poétique : Georges Bataille, Robert Desnos, Tristan Tzara, Raymond Queneau, Max Jacob, Antonin Arnaud, etc. Avec Picasso, son compatriote, il nouera une longue amitié, fondée sur un profond respect pour leur oeuvre respective.

L’émergence du surréalisme libère Miro des carcans de la tradition. Le monde physique n’est plus son modèle, la réalité se mue dans ses oeuvres en un système de lignes. “Si la poétique surréaliste joue un rôle essentiel”, précise le commissaire, ami de l’artiste, “Miro ne se laissera jamais conduire par les idées littéraires. Il reste avant tout un peintre même s’il cherche à abolir la limite entre écriture et peinture”. Dorénavant, l’artiste réalise des fonds monochromes, bleus (référence au ciel) ou ocre (symbole de la terre), dans lesquels s’inscrivent des signes qui renvoient au potentiel poétique des objets.

Suite à la guerre civile en Espagne puis la Seconde Guerre mondiale, l’angoisse de Miro s’exprime à travers la couleur noire opposée à des taches de couleurs vives. L’artiste se réfugie en Normandie, à Varengeville-sur-mer. Le calme retrouvé, il s’attache à retranscrire des Constellations. Femme, oiseau, étoiles deviennent ainsi des motifs récurrents dans l’oeuvre du Catalan.

Le parcours se poursuit sur ses céramiques : vases et plats qu’il réalise – contrairement à Picasso – en exemplaire unique. Puis ses sculptures humoristiques, à base d’objets insignifiants qu’il assemble : une caisse, une fourche (Femme et oiseau, 1967) ; une calebasse et un tronc de palmier (Personnage et oiseau, 1968).

Bleu I, Bleu II, Bleu III sont les premières toiles monumentales créées en 1961 dans son atelier de la banlieue de Palma de Majorque (Son Abrines). Des oeuvres dépouillées, au fond travaillé, synthèse de ses différentes expériences qui lui ont demandé une grande concentration, proche de l’expérience de la méditation, pour parvenir à un dépouillement extrême.

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Retournement complet de situation dans la dernière salle avec des oeuvres brûlées dans lesquelles s’impose la puissance de ses signes graphiques.

J’aime illustrer chaque paragraphe par une oeuvre mais les droits d’auteur ont contrarié mon ambition ici -:(
J’ai eu l’impression en voyant cette rétrospective que nombre d’oeuvres présentées m’étaient inconnues. Vérification faite, beaucoup proviennent de la Fondation Maeght ou des Fondations Miro (Barcelone et Majorque) ou de collections particulières ;  une belle opportunité de les découvrir !

 

 

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