Images poétiques

Wilfredo Lam, Cuba, 1956 Photo : Jesse A. Fernandez © Estate Jesse A. Fernandez Collection France Mazin FernandezWilfredo Lam

Jusqu’au 15 février 2016

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Catalogue de l’exposition : 

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Centre Pompidou, Niveau 6, Galarie 2, Paris 4e

Le Centre Pompidou consacre une rétrospective au peintre d’origine cubaine Wilfredo Lam (1902-1982). Une figure essentielle de l’art moderne tant en Europe qu’aux Amériques, dont l’oeuvre emblématique est exceptionnellement prêtée par le MoMA de New York : La Jungle (1943).

Le parcours, chronologique, aborde les différents pays où a séjourné l’artiste : l’Espagne (1923-1938) ; Paris, Marseille (1938-1941) ; Cuba et les Amériques (1941-1952) ; Paris, Caracas, La Havane, Albissola, Zurich (1952-1961) ; Paris, Albissola (1962-1982).

Formé à la Havane puis à l’Académie des Beaux-Arts de Madrid, Wilfredo Lam débute sa carrière par des oeuvres classiques marquées par son regard sur les grands maîtres exposés au musée du Prado.

Progressivement, il s’imprègne des avant-gardes – Gauguin, expressionnistes allemands, mais surtout Gris, Miro, Picasso et Matisse qu’il découvre en 1929. Il simplifie ses formes en référence à la statuaire africaine – ses visages deviennent des masques géométrisés -, abolit les effets de perspective et couvre d’aplats de couleurs de larges surfaces de papier.

Figure, 1939 Huile sur panneau, 107 × 63 cm Collection Jacques et Thessa Herold Photo : Courtesy Valérie Thessa Herold © Adagp, Paris 2015

Après 18 années passées en Europe et deux exils (le premier lorsque les Franquistes remportent le pouvoir en 1938, le deuxième lorsque les troupes allemandes débarquent à Paris), il rejoint Cuba en passant par la Martinique. Il y rencontre Aimé Césaire, qui partage comme lui le refus des rapports de domination raciale et culturelle.

Lorsque W. Lam arrive à Cuba, il est frappé par la corruption, le racisme, la misère. La culture locale est reléguée à un folklore de pacotille. Il produit alors La Jungle – à prendre au second degré puisqu’il n’y a pas de jungle à Cuba. Son oeuvre est peuplée de figures hybrides, alliant végétal, animal, humain, qui font écho à la culture animiste des Caraïbes.

La Jungla, 1943 Huile sur papier marouflé sur toile - 239,4 × 229,9 cm The Museum of Modern Art, New York, 2015. Digital Image, The Museum of Modern Art,New York/Scala, Florence © Adagp, Paris 2015

Après de nombreux voyages, l’artiste s’installe de nouveau à Paris (1952). Il produit des oeuvres collectives, notamment aux côtés des artistes CoBrA, qui lui font découvrir la terre cuite. Il expérimente de nouvelles formes. Ses dessins illustrent de nombreux textes de ses amis poètes tel A la santé du serpent de René Char, dont un exemplaire de la BnF est pour la première fois montré au public.

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En 1954, à l’invitation d’Asger Jorn, Lam découvre la lumière italienne à Albissola. Il s’installe en 1962 dans cet important centre de céramique. Durant la seule année 1975, il produit près de 300 oeuvres, dont les symboles renvoient à ses peintures et dessins. L’artiste voyage également en Egypte, en Inde, en Thaïlande, au Mexique.

Son oeuvre est reconnue internationalement lorsque Wilfredo Lam s’éteint, après avoir achevé les gravures pour son ultime livre d’artiste, L’Herbe sous les pavés, sur un texte de Jean-Dominique Rey.

L’exposition a beau présenter 400 oeuvres, on ne s’en rend pas compte ; signe que l’on ne s’ennuie pas ! Deux regrets cependant : aucune sculpture en terre cuite n’est exposée et le livre rare de la BnF, placé sous verre, ne permet de voir qu’une double page – pas particulièrement intrigante ! En revanche, ses oeuvres des années 1939 (Figure) / 1940 (La Jungle ) / 1950 (Umbral) sont fascinantes autant par leurs couleurs que par l’univers d’images oniriques qu’elles dépeignent.

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