Moderne Maharajah

Un mécène des années 30

Jusqu’au 12 janvier 2020

Musée des Arts Décoratifs (MAD), 107 rue de Rivoli, Paris 1er

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Le palais Manik Bagh (1930-1933), construit par l’architecte allemand Eckart Muthesius (1904-1989), est le tout premier bâtiment moderne indien. Il a été commandé par Yeshwant Rao Holkar II (1908-1961), plus connu sous le nom de maharajah d’Indore. Le MAD met en scène l’univers raffiné du dandy indien et de son épouse, mécènes des arts européens des années 1920/30.

Man Ray, Le maharajah d’Indore, vers 1927/30 (c) Man Ray 2015 Trust / Adagp Paris, 2019. Photo : Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Guy Carrard

Le maharajah d’Indore est éduqué à Oxford et par un précepteur français, Marcel Hardy, qui l’initie à la culture européenne. Par son entremise, il rencontre Eckart Muthesius et Henri-Pierre Roché, conseiller artistique et écrivain. Ses séjours réguliers en Europe – Angleterre, Allemagne et France -lui font côtoyer les avant-gardes et le couturier-collectionneur Jacques Doucet.

Le prince indien décide de confier à l’architecte berlinois la construction d’un palais privé, pour lui et son épouse la maharani Sanyogita Devi, doté du luxe et du confort européen.


Eckart Muthesius, Hall d’entrée du palais Manik Bagh, vers 1933
© Collection Vera Muthesius / Adagp, Paris, 2019

Plus de vingt créateurs sont sollicités pour aménager les intérieurs de la résidence, qui glorifie les matériaux modernes de l’époque : le métal, le cuir synthétique, et le verre. Louis Sognot et Charlotte Alix créent les lits en métal et verre des chambres royales. Ivan Da Silva Bruhns un tapis rouge aux motifs noirs géométriques. Eileen Gray réalise le fauteuil Transat, E. Muthesius une paire de fauteuils synthétiques avec lampes intégrées. Le Corbusier, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret imaginent une chaise longue basculante recouverte d’un tissu en peau de léopard.

Bernard Boutet de Monvel., S. A. la maharani d’Indore (costume traditionnel), 1933/34
© Collection Al Thani 2019 / Adagp, Paris, 2019 Photo by Prudence Cuming

Le parcours propose dans la galerie côté Rivoli une “rencontre” avec les descendants de la dynastie Holkar et des personnalités avec qui ils échangent (J. Doucet, E. Muthesius). La galerie côté Louvre déploie les chambres respectives du couple et les salons avec de la vaisselle raffinée de Jean Puiforcat. La nef s’articule autour des portraits en pied commandés par le couple princier à Bernard Boutet de Monvel, des photographies de Muthesius lorsqu’il a réalisé un voyage préparatoire en Inde, L’Oiseau dans l’espace de Brancusi et la mise en avant du tapis de la chambre du maharajah d’Iva Da Silva Bruhns.

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Mauboussin – Bague, vers 1940-1945. Platine, rubis et diamants
© Collection Al Thani 2015 / Photo by Prudence Cuming

Une exposition qui invite à un voyage dépaysant, dans une ambiance à la fois moderne et surannée. Je laisserais volontiers le palais au maharajah mais j’aurai aimé lui emprunté ses bagues, les verres de Puiforcat, le tapis de Gustave Miklos et la chaise africaine de Pierre Legrain – deux pièces issues du domicile du couple Doucet au 33 rue Saint-James à Neuilly !

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