Les processus de recherche du cubisme picassien

Autoportrait avec Picasso, vers 1916. Photographie (c) RMN/Sucession Picasso, 2007Picasso cubiste

Jusqu’au 7 janvier 2008

Musée Picasso, 5 rue de Thorigny 75003, 7,70€ (gratuit le premier dimanche du mois)

La nouvelle exposition du musée Picasso, “Picasso cubiste”, entend rendre hommage aux importants travaux scientifiques effectués par moults spécialistes sur la genèse des Demoiselles d’Avignon (1907). Autrement dit sur l’oeuvre qui marque la naissance de l’art moderne.

PICASSO, La Table de l'architecte, 1912. Huile sur toile, marouflé sur bois. 72,6 x 59,7 cm. Museum of Modern Art, New York (c) Succession Picasso, 2007Le terme “cubisme” provient d’une boutade de Matisse, reprise par la presse, qui avait décrit un paysage de Braque (1908) comme une “composition de petits cubes”. Si Picasso commence par renier son appartenance au mouvement cubiste, qui se revendique pourtant de lui, l’artiste finit par l’accepter, lors d’un entretien avec le critique d’art Marius de Zayas (1923), pour qualifier le développement de son oeuvre.

PICASSO, Buste de femme (Etude pour  les Demoiselles d'Avignon), 1907. Huile sur toile. 66 x 59 cm. Musée National d'Art Moderne, centre de création industrielle (c) Succession Picasso, 2007De 1906 à 1923, Picasso expérimente des formes de plus en plus géométriques pour exprimer la matérialité de la peinture. Une idée radicale, en complète opposition avec l’histoire de l’art de la Renaissance à l’Impressionnisme. Période pendant laquelle la peinture se définissait comme un regard illusionniste posé sur le monde. Picasso dira “Nous avons essayé de nous débarrasser du trompe-l’oeil pour trouver le trompe-l’esprit” (in Vivre avec Picasso, Françoise Gillot, Editions Calmann-Lévy, 1965).

PICASSO, Autoportrait, automne 1906. Huile sur toile. 65 x 54 cm. Musée Picasso, Paris (c) RMN/SP/Succession Picasso, 2007Le cubisme picassien ou cubisme “ibérique” se caractérise par une décomposition de la forme en unités plastiques. Unités qui relèvent de l’art primitif. Picasso est en effet marqué par le résultat des fouilles d’Osuna et du Cerro de los Centos (Andalousie) exposées au musée du Louvre durant l’hiver 1905-1906. Plastiquement, cette influence se traduit par un visage vu de face aux trois quarts, un nez à l’angle aigu, une prunelle élargie et noyée d’ombre, et un double arc de l’oeil. Par ailleurs, dans cet autoportrait (1906) expérimental, le peintre se représente nu – une manière d’affirmer son “primitivisme”, explique la commissaire de l’exposition, Anne Baldassari.

PICASSO, Mandoline et guitare, 1924. Huile et sable sur toile. 140,7 x 200,3 cm. Salomon R. Guggenheim Museum, New York (c) Succession Picasso, 2007Les salles suivantes présentent, années après années, l’évolution du cubisme de Picasso. On découvre ainsi que l’artise aime détourner les règles de l’optique photographique. Il s’intéresse aussi à l’artisanat populaire. Enfin, il introduit dans ses compositions des fragments d’objets ou des coupures de presse. “Le but du papier collé est de montrer que des matériaux différents pouvent entrer en compétition pour devenir, dans le tableau, une réalité en compétition avec la nature” (in Vivre avec Picasso).
Guillaume Apollinaire résume parfaitement la pensée du cubiste picassien: “il faut qu’on voie le travail, c’est par la quantité de travail fournie par l’artiste, que l’on voit la valeur d’une oeuvre d’art”.

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Une exposition très documentée, présentant 400 pièces – dessins, carnets, papier collés, constructions, tableaux-reliefs, peintures et sculptures – afin de rendre compte des multiples processus de recherche employés par Picasso pour s’approprier “son cubisme”. Un angle d’exposition pointu, qui passionnera les amateurs éclairés aux dépens du néophyte.

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Une réponse à Les processus de recherche du cubisme picassien

  1. aubert dit :

    Bonjour,
    Juste pour vous informer que nous exposons le peintre post cubiste Geoorges-Henri PESCADERE (1915-2003) à la galerie de l’Exil, 18 avenue Matignon, 75008 Paris jusqu’au 31 octobre. Natures mortes, paysages et nus. Merci et bien à vous, Etienne Aubert

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