Josef Koudelka

Ruines

Jusqu’au 16 décembre 2020

BnF, Quai François Mauriac, Paris 13e

La Bibliothèque nationale de France présente une centaine de tirages panoramiques du photographe tchèque Josef Koudelka, dans une magnifique mise en scène autour du thème universel de la ruine.

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Apollonia, Libye, 2007 (c) Josef Koudelka / Magnum Photos

Pendant vingt-six ans, Josef Koudelka (né en 1938 en Moravie) arpente les ruines archéologiques du pourtour méditerranéen. Pourquoi ? “Parce que ces endroits sont magnifiques”, répond-t-il tout simplement !

Le photographe, considéré par Henri Cartier-Bresson comme “son frère” en photographie (tous deux travaillent pour Magnum) et qui est devenu célèbre avec ses images de l’invasion de Prague par les troupes soviétiques (1968), s’imprègne de ces lieux historiques, symboles atemporels de l’humanité. Il décrit les ruines comme n’étant pas le passé mais l’avenir : “Tout, autour de nous, un jour, sera en ruines”.

Myra, Turquie, 2013 (c) Josef Koudelka / Magnum Photos

Le parcours propose une déambulation libre à travers des grands formats accrochés tels des mobiles avec un petit guide manuel pour connaître l’emplacement précis des vestiges. Le seul cartel de l’exposition est une grande carte géographique qui précise les différentes localisations photographiées, de la France à la Syrie en passant par la Turquie, la Sicile, la Grèce, le Maroc et la Jordanie. Soit une vingtaine de pays de culture grecque et latine, berceaux de notre civilisation, dans lesquels le photographe revient plusieurs fois au fils des ans. Pour capter sous une autre lumière un nouveau détail.

“La répétition, oui, mais si elle n’est pas une rengaine”, précise J. Koudelka. La répétition comme méthode, donc, mais pas comme motif. “Le problème avec la photographie est que tu ressens quelque chose en la prenant mais une fois imprimée, ce n’est qu’un morceau de papier avec quelque chose dessus. Tu ne peux pas attendre des autres qu’ils ressentent la même chose que toi en la voyant.”

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Cet immense travail en noir et blanc, quasiment auto-produit, se veut une référence pour l’histoire de la photographie mais aussi pour la communauté scientifique, en particulier les archéologues, précise Héloïse Consésa (conservatrice au département des Estampes et de la photographie, BnF), co-commissaire de l’exposition.

On admire la géométrie de ces sites historiques et le détail des bas-reliefs rehaussés par des effets de lumière, nés de la patience du photographe pour accueillir les levers et couchers de soleil. La cadrage resserré de ces vues panoramiques accentue leur somptuosité.

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