JEP 2020

Découvrez le nouvel accrochage du musée de l’Orangerie
& l’exposition de Chirico (jusqu’au 14 décembre 2020)

Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, Paris 1er

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À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, je vous propose de redécouvrir le musée de l’Orangerie qui propose un nouvel accrochage de sa collection permanente dans des salles rénovées et une exposition temporaire sur “La peinture métaphysique” de Giorgio de Chirico. L’ensemble est fascinant.

Giorgio de Chirico (1888-1978), Sérénade, 1909. Huile sur toile (c) Adagp, Paris, 2020
Marie Laurencin (1883-1956), Danseuses espagnoles, 1921. Huile sur toile (c) RMN-Grand Palais (musée de l’Orangerie) / Hervé Ledwandowski (c) Adagp, Paris, 2020

La collection du musée de l’Orangerie est formée majoritairement d’oeuvres autour du début du XXe siècle avec les Nymphéas (1914-1926), bien sûr, mais aussi des oeuvres de Renoir (Bouquet dans une loge, vers 1878/80), Matisse (Les Trois soeurs, 1917 ; Odalisque à la culotte grise, 1926/27) confrontées à celles de Picasso (Grande Baigneuse, 1921), Marie Laurencin (Danseuses espagnoles, 1921), André Derain (Nature morte aux fruits), Cézanne (Pommes et biscuits, vers 1880), Soutine (Enfant de coeur, vers 1927/28), Utrillo, Modigliani (Paul Guillaume, Novo Pilota, 1915), Henri Rousseau (L’Enfant à la poupée, 1892). Sans oublier le prêt exceptionnel par le musée du quai Branly de sculptures africaines et océaniennes qui formaient la collection Paul Guillaume. Les salles, à la typographie Art Déco, sont épurées, le sens de circulation fluide. C’est un vrai plaisir de déambuler et de (re)voir ces oeuvres.

Giorgio de Chirico, Il Ritornante, 1917/18. Huile sur toile. Photo (c) Tate, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / Tate Photography (c) Adagp, Paris, 2020

Quant à l’exposition temporaire sur Chirico (1888-1978), elle est troublante de part la singularité de ses compositions. Né en Grèce (dans une famille ottomane de nationalité italienne), éduqué en Allemagne et en Italie, c’est depuis Paris qu’il développe son art métaphysique – comme le qualifie Guillaume Apollinaire – à l’automne 1911. Chirico retourne à Ferrare en Italie en 1915, où il fréquente les peintres Carlo Carrà et Giorgio Morandi, qui participeront à la diffusion de cet art étrange et unique. Dont l’aura s’étendra sur l’art moderne, de Picasso au surréalisme.

“Chirico crée un art profondément nouveau, fondé non sur l’apparence des objets, mais sur les significations potentielles et les associations d’idées que ces objets peuvent susciter. Il tend ainsi à introduire en peinture la radicalité poétique de Rimbaud et la révolution spéculative de Nietzsche”, commente Cécile Girardeau (conservatrice, musée de l’Orangerie), commissaire de l’exposition.

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Si les oeuvres peuvent paraître difficiles à appréhender, l’observation des différents accessoires (prothèses orthopédiques en rapport avec les soldats mutilés de la Grande Guerre, têtes plates de mannequin en forme de raquette de jeu de paume correspondant au dossier des chaises hautes du département de thermothéraphie de la Villa del Seminario, hôpital militaire où l’artiste a été soigné pour troubles nerveux, etc.) que le peintre introduit dans ses tableaux donnent des clés de lecture sur le contexte dans lesquels il les a produits. Une oeuvre au processus grandement créatif d’associations iconographiques pour mieux dénoncer “la grande folie du monde”.

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