Saison napolitaine

Vincenzo Gemito (1852-1929) – Le sculpteur de l’âme napolitaine
Jusqu’au 26 janvier 2020

Luca Giordano (1634-1705) – Le triomphe de la peinture napolitaine
Jusqu’au 23 février 2020

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Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Le Petit Palais présente deux expositions en collaboration avec le musée de Capodimonte à Naples pour montrer l’importance de Vincenzo Gemito (1852-1929) et de Luca Giordano (1634-1705) – presque inconnus en France – dans l’histoire de l’art italien et espagnol. Une très belle (re)découverte.

Vincenzo Gemito, Tête de Petite Fille [Testa di Fanciulla], 1870-1872
Terre cuite. Museo e Certosa di San Martino, Naples.
© Museo e Certosa di San Martino, Naples / Photo Fabio Speranza

Gemito a révolutionné la sculpture italienne en introduisant le réalisme et Giordano a été l’un des plus brillants artistes du XVIIe siècle en Europe.

Vincenzo Gemito, Joueur de cartes [Il giocatore], vers 1869.
Plâtre patiné
Photo Ministero per i beni e le attivita culturali / Museo e Real Bosco di Capodimonte

L’histoire de Vincenzo Gemito est celle d’un enfant trouvé dans les rues de Naples. Pourtant, à 17 ans, il expose son Joueur de cartes (Giocatore, vers 1869), qui deviendra une oeuvre phare du réalisme italien. En réalisant le buste grandeur nature de Verdi, il connaît la gloire dans sa ville natale, en Italie, et en Europe. Il s’installe à Paris en 1877. Il fait sensation avec son Pêcheur napolitain (1876/77). Décrié par la critique, adulé par le public et des artistes comme Rodin et Degas, il repart à Naples en 1880. Consécration suprême, il reçoit en 1885 la commande du roi Umberto Ier : une statue monumentale en marbre de Charles Quint et celle d’une table en argent. Après un période de folie dans laquelle il s’adonne au dessin, il revient à la sculpture quand son mental se stabilise. Il réalise alors surtout des ouvrages d’orfèvrerie (Médaillon à la tête de Méduse, 1911). Avant de tomber dans l’oubli après sa mort.

Luca Giordano, Saint Janvier intercédant pour la cessation de la peste de 1656 [San Gennaro che intercede per la cessazione della peste del 1656], 1660
Huile sur toile. Musée de Capodimonte, Naples, Italie
© Photo Ministero per i beni e le attivita culturali/Museo e Real Bosco di Capodimonte

Luca Giordano a une destinée tout aussi intéressante, bien que plus facile au démarrage ! Il excelle à maîtriser l’art de ses contemporains pour en tirer le meilleur et développer son propre style. Il apprend de Jusepe de Ribera (1591-1652), Espagnol de naissance mais vivant à Naples, alors intégrée à l’empire espagnol, l’art des ténèbres. Il débute sa carrière avec des oeuvres presque pastiches de Raphaël, Titien et Dürer. Un séjour à Rome vers 1653 le met en contact avec la modernité baroque (Caravage), les innovations de Rubens et Pierre de Cortone. Il évolue ainsi du naturalisme caravagesque à une mise en scène de l’action émotionnellement forte. Très vite reconnu dans toute la péninsule italienne, il exécute pas moins de 5.000 tableaux ornant les églises de Naples, et fresques (à voir dans une salle de projection dédiée) qui lui valent le surnom de Luca fa presto (“Luca qui va vite”). Sa renommée dépasse l’Italie. Il ne cède pas aux sirènes royales parisiennes mais émigre en Espagne auprès de Philippe IV pour orner son monastère de l’Escorial (fresques de l’escalier, des voûtes et du choeur de la basilique). Puis Charles II lui confie le Cazon del Buen Retiro à Madrid et la sacristie de la cathédrale de Tolède. Giordano révolutionne la peinture en abandonnant parfois le pinceau pour appliquer les couleurs au doigt.

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Luca Giordano, Ariane abandonnée [Ariana Abbandonata], 1675-1680
Huile sur toile. Musée de Castelvecchio, Vérone, Italie
© Verona, Museo di Castelvecchio, Archivio fotografico (foto Umberto Tomba, Verona)

L’exposition sur Giordano est particulièrement lumineuse et passionnelle avec des oeuvres monumentales qui sortent pour la première fois des églises de Naples (Saint Michel chassant les anges rebelles, 1657). S’il n’est pas évident avec notre regard contemporain d’admirer des oeuvres baroques, celles-ci nous démontrent toute la richesse de la période du Seicento. Bravissimo !

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