Galant et libertin

Jean-Honoré Fragonard, "Le Colin-Maillard", vers 1754-1756, huile sur toile, 116,8 x 91,4 cm, Toledo, toledo Museum of Art, don Edward Drummond Libbey, © Toledo Art MuseumFragonard amoureux

Jusqu’au 24 janvier 2016

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Catalogue de l’exposition : 

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Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e

Le musée du Luxembourg met en lumière l’oeuvre de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) à travers le prisme amoureux. De fait, selon les frères Goncourt, le XVIIIe siècle a été celui de l’intrigue et de la séduction.

Le parcours s’ouvre sur les première oeuvres champêtres, des « bergeries », du jeune Fragonard, élève de François Boucher, marqué par le sensualisme venu d’Angleterre.

Par la suite, l’étude des maîtres flamands le fait évoluer d’un érotisme sophistiqué à des scènes campagnardes, qui révèlent une dimension charnelle pleinement assumée (Le Baiser gagné, Metropolitan Museum).

Jean-Honoré Fragonard, "L'Enjeu perdu ou Le Baiser gagné", vers 1759-1760, huile sur toile, 48,3 x 63,5 cm, New York, The Metropolitan Museum, don de Jessie Woolworth Donahue, 1956, © The Metropolitan Museum of Art, dist. Rmn-Grand Palais / image of the MMA

Tel un boudoir, une section tout en rondeur, présente les illustrations de Fragonard pour Les Contes de La Fontaine.

On en sort pour atteindre au tournant des années 1760, des oeuvres « secrètes » (Baiser, collection particulière), commandées par des amateurs licencieux, qui contribuent à forger le mythe d’un « Frago » libertin. Alors que dans la vie privée, selon le commissaire de l’exposition Guillaume Faroult (conservateur en chef au département des Peintures, musée du Louvre, en charge des peintures du XVIIIe siècle et des peintures britanniques et américaines), « Fragonard était un mari fidèle et un père aimant ». Originaire de Grasse, il a épousé de cette même ville Marie-Anne Gérard (1745-1823), dont il aura une fille (Rosalie) et un fils, qui deviendra un peintre renommé (Alexandre-Evariste).

Parallèlement à cette liberté d’esprit – voire cette licence – Fragonard renouvelle avec poésie le thème de la fête galante héritée de Watteau (Ile d’amour, Fondation Calouste Gulbenkian).

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Mais une décennie plus tard (courant 1770-1780), alors que Les Liaisons dangereuses de Laclos sonnent le glas de l’inspiration libertine en littérature, Le Verrou apparaît comme un tournant décisif dans son art. Le viol est (enfin) récrié et le peintre s’attache à explorer le sentiment amoureux véritable. « Avec une infinie subtilité, Fragonard touche alors à la dimension mystique de l’amour profane, aux sources de ce que sera ‘l’amour romantique’”, commente G. Faroult.

Jean-Honoré Fragonard, "Le Verrou", vers 1777-1778, huile sur toile, 74 x 94 cm, Paris, musée du Louvre, département des Peintures, © Photo Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) / Daniel Arnaudet

Le décryptage des oeuvres est intéressant – rôle important des couleurs, en particulier – mais pousse un peu loin parfois : dessins érotiques formés par les draps, comme on peut le lire dans le catalogue (au sein de l’exposition, les cartels ne sont pas aussi explicites !). Honnêtement, j’ai eu du mal à rentrer dans l’exposition et l’usage d’un audio-guide me paraît indispensable pour saisir toutes les nuances de la palette de Fragonard. Si je devais revenir, je tenterai une visite guidée olfactive pour apporter un peu de piquant à l’affaire !

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