« Non, rien de rien… »

Édith Piaf sur la scène de l’Olympia à Paris, 1959 © Georges Dudognon / adoc-photosPiaf

Jusqu’au 23 août 2015

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Site de la BnF François-Mitterand, quai François Mauriac, Paris XIII

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Chanteuse des rues devenue idole populaire et icône internationale, Edith Piaf reçoit un hommage saisissant à la BnF, qui propose un parcours musical entraînant et savamment documenté…

… Mais pas autant que l’exposition David Bowie concomitante, se plaint Joël Huthwohl, commissaire général (directeur du département des Arts du spectacle à la BnF), lequel avait “un vrai projet dès le début de sa carrière, contrairement à Piaf” !

Pour célébrer le centenaire de la naissance d’Edith Piaf (1915-1963), l’exposition propose de (re) découvrir comment la fille de saltimbanques est devenue une vedette de musical-hall reconnu dans le monde entier.

La môme Piaf, supplément au catalogue Polydor N° 88 Brunswick Polydor, février 1936 BnF, Audiovisuel

Chanteuse réaliste, Edith Piaf continue aujourd’hui d’être adulée par des admirateurs célèbres et anonymes. Ce qui s’explique, selon J. Huthwohl, autant par le fait qu’elle sait parler des petites choses du quotidien qui touchent les gens. Autant que par sa vie amoureuse : « elle incarne toutes les couleurs de l’amour du plus tragique au plus joyeux, du plus soumis au plus décomplexé ».

Chanson autographe d’Édith Piaf « si tu me quittais je te tuerais » sur papier cahier, à l’encre bleu, 1963 ( ?) BnF, Arts du spectacle

Femme du peuple (elle naît dans le XXe arrondissement de Paris), dans une famille qui représente le prolétariat du monde du spectacle, Piaf commence sa carrière en chantant dans les casernes et dans les rues de la capitale, entre Belleville, Ménilmontant et Pigalle. Si, à partir des années 1940, elle habitera dans les beaux quartiers (près de l’Etoile ou du boulevard Lannes), elle n’adoptera pas le mode de vie bourgeois.

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Édith Piaf et son premier accordéoniste, Juel PhotoStarpress, D.R. BnF, Estampes et photographie

C’est pendant la Seconde Guerre mondiale que Piaf construit sa légende. Même si elle a frayé avec l’occupant – elle est passée pour cela devant la commission qui a jugé les collabos mais rien n’a été retenu contre elle – on retient surtout d’elle qu’elle s’est engagée en faveur des soldats. Chantant pour eux mais aussi participant à des galas au profit des familles des prisonniers de guerre. Elle assure avoir payé de ses frais son 2e voyage en Allemagne pour rendre visite aux prisonniers. « Apolitique, elle ne sera jamais considérée comme une résistante », confirme Bertrand Bonnieux, co-commissaire de l’exposition (conservateur au département de l’Audiovisuel, BnF). « Mais elle saura incarner un certain patriotisme des petites gens et apparaître comme la ‘Marianne des pauvres’ ».

C’est aspect de l’exposition qui m’a le plus enchantée : le décryptage de la légende que Piaf s’est façonnée. Entre réel talent musical et savante conquête des médias au gré de dires pas toujours véridiques – une « rock-star » avant l’heure, avec sa légendaire « petite robe noire » (exposée) !

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