Duy Anh Nhan Duc

Carte blanche

Jusqu’au 7 février 2022

Musée Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

Pour sa sixième édition de « carte blanche », le musée Guimet invite l’artiste vietnamien Duy Anh Nhan Duc (né en 1983 à Hô Chi Minh Ville, vit à Paris) à investir la rotonde. Une oeuvre végétale, poétique et enchanteresse. À découvrir !


Duy Anh Nhan Duc, Séance de travail (c) Photo Enzo Orlando

Vous n’arriverez peut-être pas à mémoriser son nom mais vous vous souviendrez de son oeuvre ! Pour qui est sensible à la nature, aux enjeux écologiques et à la délicatesse asiatique, ce travail ne peut que trouver un écho fort en son âme.

Duy Anh Nhan Duc, face au Mur (c) Photo Enzo Orlando

Le parcours se divise en quatre temps de réflexion. Le premier stade est un semblant de mur réalisé à partir de tiges métalliques imitant la forme de briques mais transparentes. Au centre, un cercle composé d’akènes de pissenlits offre une ouverture sur l’horizon. Incarnation de la situation de notre société actuelle, mise au pied du mur devant son modèle productif qui détruit la planète et donc la vie sur terre. Mais un espoir réside : si chaque tige métallique individuelle ne pèse rien, assemblées elles forment une masse solide.


Duy Anh Nhan Duc, Le Parloir Des Souhaits (c) Photo Enzo Orlando

Deuxième temps : celui du rêve. Après le constat d’un changement impératif de direction, laissons libre cours à notre imagination. Le Parloir des Souhaits nous offre la possibilité de tourner une manivelle pour faire s’envoler les akènes de pissenlits, comme autant de voeux pour la planète du futur. Ils sont placés dans une sorte de cabane – évocation du jardin familial de l’artiste lorsqu’il n’avait pas encore émigré en France (à dix ans) – qui a été réalisée à partir de fenêtres récupérées dans les rues de Paris. Ces graines en puissance symbolisent le jaillissement des idées.

Duy Anh Nhan Duc, Valse des salsifis (c) Photo Enzo Orlando

Troisième étape : le champs de fleurs. Cette nature que nous ne voyons pas dans une ville bitumée, l’artiste va la chercher, notamment dans une friche Porte Maillot. Il s’amuse de l’image qu’il renvoie : Asiatique aux cheveux longs, un grand panier sur le dos, émergeant du rond-point après sa cueillette de fleurs que personne ne veut : pissenlits, salsifis, coquelicots, etc. Duy Anh Nhan Duc étudie chaque cycle de fleurs avant de savoir comment et quelle partie utiliser pour ses compositions. Ici, il réalise un parterre de fleurs et des tableaux végétaux à partir d’akène patiemment collé sur du papier bambou.

Duy Anh Nhan Duc, Les Racines du Ciel (c) Photo Enzo Orlando

Dernière étape : Les Racines du Ciel. La nature nous nourrit et nous protègera si on fait attention à elle. Dans une calebasse remplie d’eau, posée sur un sol en argile craquelé qui évoque le réchauffement climatique, l’artiste a planté un gland de chêne. Ce dernier a refait une pousse ! Elle grandira tout au long de l’exposition grâce aux soins de l’artiste. Une image qui renvoie à son enfance : déraciné, ayant perdu le jardin de ses rêves où il grimpait pieds nus aux manguiers, acéroliers, tamariniers, longaniers, etc., Duy Anh Nhan Duc a réussi à s’ancrer dans sa nouvelle vie urbaine en dessinant le végétal puis en l’incorporant dans des installations qui célèbrent le vivant.

Duy Anh Nhan Duc, Air (c) Photo Isabelle Chapuis

Une très belle leçon de vie réalisée avec beaucoup de poésie et de finesse.

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