Cartier et les arts de l’Islam

Aux sources de la modernité

Jusqu’au 20 février 2022

#ExpoCartier2021

Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er

Le MAD Paris retrace les influences des arts de l’Islam sur la production de bijoux et objets précieux de la maison de haute joaillerie Cartier, du début du 20e siècle à nos jours. Splendeur des motifs orientaux et diamants éclatants, attention les yeux !

Vue de l’exposition © Maison Cartier

À travers une sélection de dessins, livres, photographies, bijoux, étuis à cigarettes, coffrets, tapis, etc., l’exposition remonte aux origines des influences orientales. Notamment sous la direction de Louis et Jacques Cartier, petits-fils du fondateur, qui ont joué un rôle majeur dans l’émergence d’une esthétique moderne au sein de la Maison.


Mosaïque de céramqiue. Panneau de revêtement. Iran. Fin 14e-15e siècle. Mosaïque de céramique. Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN- Grand Palais / Raphaël Chipault

Louis-François Cartier (1819-1904) ouvre son enseigne en 1847, vendant créations de bijoux et objets d’art anciens. À l’aube du 20e siècle, son petit-fils Louis (1875-1942) cherche de nouvelles sources d’inspiration. Il fréquente les expositions d’art islamique qui se tiennent au Musée des Arts Décoratifs à Paris (1903) et à Munich (1910), où sont rassemblées quelque 3553 oeuvres. Il s’inspire de ces formes géométriques nouvelles, collectionnant ouvrages et objets d’art, pour donner matière aux dessinateurs de la Maison, parmi lesquels Charles Jacqueau. Les livres du premier (en particulier sur l’art persan et indien) et les dessins du second sont ici rassemblés pour la première fois depuis la dispersion de la collection, essentiellement aux Etats-Unis. La direction de Louis Cartier est marquée par l’association innovante de couleurs et de matières comme le lapis lazuli (d’Afghanistan) et la turquoise (d’Iran), le jade ou l’émeraude et le saphir pour créer le fameux “décor paon”.


Collier “hindou”. Cartier, Paris, 1963. Platine, or, diamants, saphirs, émeraudes, rubis. Commande spéciale de Daisy Fellowes en 1936, modifiée à la demande de sa fille, la comtesse de Castéja, en 1963. Nils Herrmann. Collection Cartier © Cartier

Lorsque Louis prend sa retraite en 1933, il confie la direction artistique de la branche parisienne – Cartier a ouvert une succursale à Londres dès 1902 et à New York en 1909 – à Jeanne Toussaint. Elle aime démonter les bijoux indiens pour les remonter en juxtaposant différemment les éléments. À partir de 1940, elle ajoute au décor paon le mauve de l’améthyste.


Portrait de Fath ‘Ali Shah. Attribué à Mihr ‘Ali. Iran, 1800-1806. Huile sur toile. Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

L’exposition se poursuit avec les voyages de Jacques Cartier (1884-1941) en Inde (1911) où il rencontre les maharajas, avec qui il négocie pierres précieuses et perles pour confectionner de nouvelles créations et collectionner des bijoux anciens. L’ensemble lui permet de renouveler sans cesse l’esthétique des bijoux et d’apprendre de nouvelles techniques de fabrication pour rendre la flexibilité des bijoux locaux.

Vue de l’exposition © Maison Cartier

Dans la nef, des projections vidéo permettent d’observer des agrandissements et des déconstructions de motifs géométriques.


Nécessaire — Cartier Paris, 1924. Or, platine, nacre, turquoises, émeraudes, perles, diamants, émail. Nils Herrmann Collection Cartier © Cartier

Les pièces brillent tellement qu’il est presque impossible de les prendre en photo, tout n’est que reflets ! La force des pierres précieuses associées à l’imagination des créateurs font de ces bijoux et autres objets d’art des merveilles à contempler.

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