Qui portait quoi ?

Elsa Schiaparelli (en collaboration avec Salvador Dalí), chapeau-chaussure porté par Gala (1894-1982), Hiver 1937-1938. Collection Palais Galliera © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí ©Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016Anatomie d’une collection

Jusqu’au 23 octobre 2016

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Catalogue de l’exposition : 

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Palais Galliera, 10 avenue Pierre 1er de Serbie, Paris 16e

Le Palais Galliera relate une histoire de la mode. Mais par rapport au musée des Arts Déco dans “Fashion Forward“, il la personnalise, présentant le pedigree des pièces présentées.

De l’habit de cour au bleu de chauffe, entre anonymes et célébrités, l’exposition revisite la mode du XVIIIe siècle à nos jours.

Robe parée portée par l'impératrice Joséphine (1863-1814), vers 1805. Collection Palais Galliera © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Corset de Marie-Antoinette (vers 1785), gilet de Napoléon (vers 1798), robe de l’impératrice Joséphine (vers 1805), blouse d’infirmière de la Première Guerre mondiale, collet de Sarah Bernhardt (vers 1896/98), uniforme de zouave, chapeau-chaussure d’Elsa Schiaparelli en collaboration avec Salvador Dali (1937/38), premier jumpsuit créé par YSL et par porté par Berry Catroux (1968/69), robe et tunique de Jean-Charles de Castelbajac sublimée par Inès de la Fressange (1983)… une centaine de pièces identifient ceux qui les ont portées.

Redfern, cape du soir, vers 1900-1905, et Vaginay, paire de salomés, vers 1925, portées par Anna Gould (comtesse Boni de Castellane, 1875-1961). Collection Palais Galliera © Eric Poitevin/ADAGP, Paris 2016

Le fonds Galliera est constitué essentiellement de garde-robes personnelles. Auxquelles il faut ajouter les prototypes de défilés offerts par les créateurs dès les années 1970. A la différence des vêtements quotidiens, les prototypes relèvent davantage d’une idée, voire d’un fantasme de vêtement.

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“Les modèles de défilés si extraordinairement plastiques soient-ils ne sont alors rien d’autre que le support mouvant de l’esprit du créateur, tout comme les mannequins, en chair et en os en sont la belle articulation”, commente Olivier Saillard (directeur du Palais Galliera), commissaire de l’exposition.

Ainsi de cet incroyable manteau et perruque de Maison Martin Margiela, qui fête à l’occasion de son défilé printemps-été 2009 le vingtième anniversaire de la griffe. Le 21e passage est un manteau codifié 0. Le mannequin d’origine jamaïquaine qui le porte a 20 ans et s’appelle Sam Kareen Taylor. Mais le public du défilé ne l’a jamais su ni n’a vu son visage. Ses cheveux bruns, ses yeux marrons sont pris dans un bas couleur chair qui lui masque entièrement la tête. Son buste est nu sous un amoncellement de perruques d’un blond peroxydé aux racines foncées. Elle-même porte un postiche coiffé en dégradé, avec une mèche recouvrant son front. Chez M.M.M., les mannequins recrutés lors de “castings de corps” sont dépersonnalisés, leurs identités effacées au service du vêtement qu’ils portent. L’anonymat est un des codes de la griffe de Martin Margiela.

Cette exposition a pour simple objectif d’inviter le visiteur à découvrir la richesse du fonds Galliera. Des robes magnifiques (robe Chanel d’Anna Gould), d’autres inesthétiques au possible qui ne cherchent qu’à provoquer (robe aux seins obus de J.P. Gaultier – couleur rouille ! – portée par Susan Holmes Mc Kagan), de la finesse (tea-gown de Réjane), du brut (casaque de forçat), du classique (jaquette d’amazone de Cléo de Mérode), de l’artistique (robe Christian Lacroix pour sa femme) ; on découvre avec plus ou moins de ravissement une grande diversité de pièces. Mais la scénographie aurait mérité d’être plus affriolante pour mettre en valeur ces vêtements historiques.

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