Frida Kahlo

Au-delà des apparences

Jusqu’au 5 mars 2023

#expoFridaKahlo

Palais Galliera, 10 avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e

Le Palais Galliera réunit plus de 200 documents d’archive, objets personnels et costumes de la peintre mexicaine Frida Kahlo (1907-1954). L’exposition montre comment l’artiste s’est construite une image autour de la mexicanité et a détourné son handicap physique en force artistique.

Frida Kahlo par Toni Frissell, Vogue US, 1937 © Toni Frissell, Vogue © Condé Nas

Le parcours nous entraîne dans l’intimité de la vie de Frida Kahlo, dont les objets personnels ont été redécouverts cinquante ans après sa mort (son mari les avait fait mettre sous scellés).

Frida Kahlo par Nickolas Muray, 1939 © Nickolas Muray Photo Archives

L’exposition débute au sous-sol avec une grande galerie regorgeant de documents sur la jeunesse de l’artiste, passée à la Casa Azul (devenue une maison-musée). Magdalena Carmen Frida Kahlo y Calderon naît à Coyoacán, d’une mère d’origine espagnole et indigène (région d’Oaxaca) qui lui transmet le goût des vêtements traditionnels, et d’un père émigré allemand, photographe pour le gouvernement. Il lui apprend à prendre la pose et Frida saura très vite se composer une image devant les grands photographes des années plus tard.

Prothèse de jambe avec botte en cuir et soie brodée de motifs chinois © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection – Javier Hinojosa, 2017

À l’âge de six ans, Frida attrape la poliomyélithe qui rendra sa jambe et son pied droit invalides à vie. Face à son isolement, elle invente une amie imaginaire, qui deviendra son double en peinture (Les deux Frida, 1939).

Douze ans plus tard, la jeune femme se fait renverser par un tramway. Elle sera alitée pendant un an et subira de nombreuses opérations. Elle doit abandonner ses études de médecine et commence à peindre dans son lit.

Frida rencontre le muraliste mexicain de renommée internationale Diego Rivera en 1929. Elle l’épouse, en divorce, et se remarie avec lui un an plus tard à San Francisco. Malgré leur relation tumultueuse, elle y restera attachée toute sa vie.

L’artiste transforme sa maison en un microcosme mexicain : sculptures préhispaniques et peintures votives illuminent son intérieur aux murs d’un bleu éclatant. Des statues archéologiques décorent son jardin, peuplé de chiens, perroquets, canards, singes et même d’un cerf !

Léon Trotski, avec qui elle aura une brève liaison, et André Breton rendent visite au couple à la fin des années 1930. Le Surréaliste français décrira sa peinture comme un « ruban autour d’une bombe » dans le catalogue de l’exposition que la Julien Levy Gallery, New York, consacre à Kahlo en 1938.

«The Frame», Frida Kahlo, 1938 © Centre Pompidou, MNAM-
CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jean-Claude Planchet © Banco de México D. Rivera F. Kahlo Museums Trust / ADAGP, Paris 2022

Après cette première exposition personnelle au Gringolandia comme Frida surnomme les États-Unis, Breton l’invite à présenter son travail à Paris (1939). Son travail est loué par Joan Miró, Kandinsky, Picasso, Tanguy et autres maîtres surréalistes. L’État français lui commande une première oeuvre The Frame [Le Cadre], dans lequel elle se représente telle une icône dans un cadre exotique.

 Manteau en coton guatemalais, huipil Mazatec brodé à la main et rubans de satin © Museo Frida Kahlo – Casa Azul collection -Javier Hinojosa, 2017

Sont ensuite exposés ses médicaments, corsets et autres appareils médicaux qu’elle transforme en objets d’art, muant sa douleur physique en joie artistique. Ses oeuvres sont colorées, imaginatives, à l’image de ses associations vestimentaires qu’elle emprunte à la culture matriarcale Tehuanpec. Blouses brodées, jupes longues, châles tissés cachent ses handicaps tout en lui créant une identité visuelle forte.

Frida Kahlo par Antonio Kahlo, 1946 ©
Diego Rivera and Frida Kahlo archives, Bank of México, fiduciary in the Frida Kahlo and Diego Rivera Museums Trust

Le parcours se poursuit au rez-de-chaussée avec des tenues de grands couturiers, inspirés par la résilience, la capacité à créer et la joie de vivre de l’artiste. Valentino, Jean-Paul Gaultier, Yamamoto, Lagarfeld, jouent des effets de transparence et de superposition, ajoutent des motifs fleuris et colorés. À l’inverse, Maria Grazia (Dior) imagine une robe en tulle blanc, percée d’un corset en cuir noir.

Une exposition audacieuse qui a très bien trouvé son sur-titre : « au-delà des apparences » nous apporte une vision renouvelée de l’artiste mexicaine et de son art. À voir !

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