Peintre du temps suspendu

Albert Marquet (1875-1947), L’île aux Cygnes, Herblay 1919, huile sur toile © ADAGP, Paris 2016 / Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist.RMN- Grand Palais / Jean-Claude PlanchetAlbert Marquet

Jusqu’au 21 août 2016

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Catalogue de l’exposition : 

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Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris 16e

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris propose de redécouvrir l’oeuvre d’Albert Marquet (1875-1947). Un peintre très lié à Matisse, avec qui il a partagé les convictions du Fauvisme à ses débuts, mais absolument oublié par la postérité !

Bordelais d’origine, Albert Marquet s’installe à Paris à l’âge de quinze ans. Il est admis à l’Ecole nationale des arts décoratifs où il rencontre Henri Manguin. Les deux amis intègrent l’atelier de Gustave Moreau. Ils y croisent le chemin de Henri Matisse, Georges Rouault, Charles Camoin.

Matisse et Marquet fréquentent les académies Julian et Camillo. Ils y font la connaissance de André Derain et Jean Puy. ils peignent le matin au jardin du Luxembourg et l’après-midi, dans la banlieue à Arcueil.

En 1905, A. Marquet s’installe au 25, quai des Grands-Augustins. L’eau devient un motif récurrent de ses paysages. Il dépeint ses changements de couleur, à l’instar des impressionnistes qui étudiaient les variations atmosphériques. Marquet réalise des séries de Notre-Dame de Paris, des quais de Seine, du pont Saint-Michel.

Albert Marquet (1875-1947), Vue du port du Havre (Le Quai de Notre Dame) vers 1911, huile sur toile © ADAGP, Paris 2016 / Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich / ISEA

Cette même année, il expose au Salon d’Automne dans la salle VII dite « fauve », en compagnie de Matisse, Manguin, Derain, Vlaminck et Camoin.

A partir de là, Marquet voyage énormément. Pourtant, il compose toujours ses paysages selon les mêmes règles : « un cube (maison, cathédrale), une ligne verticale (cheminée, réverbère, arbre), une diagonale (chemin de halage, tas de sable, quai ou sillage d’une rivière), une ligne horizontale (pont) », analyse Sophie Krebs, co-commissaire de l’exposition.

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Le Port de Marseille ressemble à celui d’Alger, sa vue de Naples à celle de La Goulette. Marquet réduit Paris à des vues noires et grises de Notre-Dame enfouies sous un ciel neigeux. Le Paris pittoresque et monumental ne l’intéresse pas. Alger lui fait introduire les variations de blanc. Mais à peine indique-t-il un palmier et oubliez le désert ! Il ne cède pas à l’Orientalisme de son temps.

Les toiles de Marquet ne versent pas dans la précision ; ciel plombé, fumées blanches, brume grise effacent les détails. L’artiste cherche plutôt à harmoniser les tons, synthétiser les sujets, « peindre comme un enfant sans oublier Poussin » (Marquet).

Mais ce sont ses aquarelles que j’ai préférées, la finesse de sa touche (contrairement à ses huiles) pour représenter des silhouettes, trouver une pose, apporter de la couleur qui ne se noie pas dans un horizon brumeux !

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