Dans l’atelier

André Villers La Palette de Picasso, 1955. Tirage gélatino- argentique. Coll. Bibliothèque Nationale de France. Photo © André Villers, Adagp, Paris 2016 / © Succession Picasso.L’artiste photographié d’Ingres à Jeff Koons

Jusqu’au 17 juillet 2016

Catalogue de l’exposition : 

Petit Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Avec “Dans l’atelier”, Le Petit Palais propose de se placer du côté de l’objectif du photographe pour découvrir les ateliers d’autres artistes, d’Ingres à Jeff Koons. Une exposition doublement artistique !

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La première salle fait un pied de nez à l’image idéalisée de l’atelier de l’artiste bohème Les photographies de Gautier Deblonde nous donnent un aperçu des ateliers de trois lieux créatifs mythiques : Paris (Pierre Soulages, Miquel Barcelo), Londres (Ron Mueck, Anish Kapoor), New York (Ellsworth Kelly, Jeff Koons). Ici, pas de verrière, poêle ou objets orientaux dont aimaient s’entourer les artistes du XIXe siècle, comme nous le montre la suite de l’exposition. Mais de vastes espaces, avec du matériel professionnel voire industriel, et surtout point d’artiste actif ! G. Deblonde opère à la pause déjeuner…

Gautier Deblonde L’Atelier de Jeff Koons à New York, 2005 Tirage jet d’encre. Lille, galerie Cédric Bacqueville © Gautier Deblonde

A l’inverse, les artistes du XIXe siècle prennent la pose, avec plus ou moins d’aisance. Peu de femmes sont représentées, hormis Rosa Bonheur, Camille Claudel et Louise Bourgeois, au regard perçant et assuré.

William Elborne Camille Claudel et Jessie Lipscomb dans leur atelier, 117 de la rue Notre-Dame-des-Champs à Paris, 1887. Tirage gélatino-argentique Paris, musée Rodin © Musée Rodin, Paris / William Elborne

L’atelier est un lieu de rencontres. Collectionneurs, amis viennent y parader. Sans oublier les modèles, cette fois-ci souvent féminins, qui deviennent un sujet à part entière.

Confronté au lieu où et à celui qui conçoit les oeuvres, l’artiste photographe doit à son tour se démarquer. L’intensité de ses images dépend du lien qu’il entretient avec le peintre/le sculpteur. Il peut également se concentrer sur les objets qui habitent plus qu’ils ne décorent l’atelier. Je pense notamment aux journaux qui jonchent le sol de l’atelier de Francis Bacon, réputé pour le bazar de son antre ! Une maquette de Charles Matton de l’atelier du maître anglais à South Kensington (Londres) est éloquente à ce sujet.

Charles Matton L’Atelier de Francis Bacon, 1986. Boîte (maté- riaux divers). Collection particulière. Photo Charles Matton © Adagp, Paris 2016

Quant à l’artiste américain Joel Meyerowitz, il a  obtenu l’autorisation exceptionnelle de déplacer chaque objet de la bibliothèque de l’atelier de Cézanne dans le Sud (Aix-en-Provence) pour les rassembler dans un caisson lumineux où chaque objet (chapeau, pichets, etc.) apparaît isolé dans une case.

L’exposition est dotée d’un dispositif numérique innovant. Non seulement, l’interface permet d’explorer une centaine de photographies non exposées, issues des collections de la Ville de Paris. Mais elle invite le visiteur à sélectionner et commenter cinq photographies. A la fin de l’exposition, les 25 photographies les plus plébiscitées sur le site danslatelier.paris.fr  seront réorganisées par les commissaires de l’exposition en sections et créeront une exposition (virtuelle) dans l’exposition.

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C’est fascinant de découvrir l’intérieur d’un lieu de création, d’imaginer l’artiste à l’oeuvre dans son environnement. Mais aussi de réaliser à quel point les artistes contemporains sont très loin d’exercer dans les conditions de leurs homologues des siècles passés !

 

 

 

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