Portraitiste à la Cour de Madrid

Diego Velazquez, La toilette de Venus, 1647-1651. Huile sur toile, The National Gallery © The National GalleryVelasquez

Jusqu’au 13 juillet 2015

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Catalogue de l’exposition : 

Galeries nationales du Grand Palais, entrée square Jean Perrin, Paris VIII

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Diego Rodriguez de Silva y Velazquez (1599-1660) représente l’un des plus grands artistes de tous les temps, à hauteur de Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, Titien, Caravage et Rembrandt. Le Grand Palais, en association avec le Louvre, organise sa première rétrospective en France.

Consacré « peintre des peintres » par Manet, Velazquez a été le chef de file de l’école espagnole, peintre attitré du roi d’Espagne Philippe IV, qui domine le monde.

Aucune monographie ne lui avait encore été consacrée car le peu d’oeuvres (à peine une centaine) que Velazquez a peintes se concentrent au musée du Prado (Madrid), qui ne prête jamais plus de sept de ses oeuvres pour une même exposition.

Velazquez naît dans une famille bourgeoise à Séville, ville cosmopolite où se brassent toutes les nouveautés en provenance et à destination du Nouveau Monde, en particulier l’or. Cette dynamique économique profite au développement des arts. Devenir peintre est alors une carrière honorable.

Diego entre dans l’atelier du peintre et théoricien Francisco Pacheco, où il reste six années. Il y rencontre l’élite sévillane. Il est reçu dans la corporation des peintres en 1617, année marquée par les débats sur le culte de l’Immaculée Conception dont le pape Paul V vient d’interdire la critique publique.

A Séville, Velazquez réalise une dizaine de compositions naturalistes, sur des sujets humbles, avant d’entreprendre un premier voyage en Castille, où il découvre le caravagisme.

Diego Velazquez, Autoportrait, vers 1650. Huile sur toile, Museo de Bellas Artes, Valence © Museo de Bellas Artes, Valence

De retour à Séville, il est appelé par le comte d’Olivares, principal ministre du jeune Philipe IV. Le souverain lui accorde une séance de pose le 30 aout 1623. Son portrait plaît ; il est nommé peintre du roi le 6 octobre.

Débutent alors une série de portraits royaux, de la naissance de l’infant Baltasar Carlos à celle de la seconde épouse de Philippe, Marie-Anne d’Autriche, bientôt enceinte de la princesse Marguerite.

Diego Velazquez, Balthasar Carlos et son nain, vers 1631. Huile sur toile, Museum of Fine Arts, Boston © Museum of Fine Arts, Boston

Velazquez devient agent artistique du roi puis est nommé maréchal du palais (aposentador) en 1652. Il est également à la tête d’un imposant atelier, secondé par Juan Bautista Martinez del Mazo, dont l’exposition permet, en fin de parcours, de découvrir les oeuvres. « Si son style a longtemps souffert d’une assimilation hâtive à tout ce qui n’était pas assez bon pour être de Velazquez lui-même, son identité artistique sort peu à peu de l’ombre et se distingue de celle de son mentor par une palette plus vive et plus contrastée, une conception simplifiée des formes, et un goût pour les effets de surface qui passe notamment par la multiplication des rehauts de blancs », commente, Guillaume Kientz, jeune commissaire de l’exposition.

C’est par un portrait que Velazquez est devenu célèbre en Espagne et c’est par un autre portrait que sa renommée a dépassé les frontières de son pays natal. J’ai donc cherché de salle en salle le fameux Ménines. En vain. Le tableau est resté au Prado.

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Non pas pour des questions de fragilité d’oeuvre, ni d’un refus de prêt de la part du musée de Madrid mais parce qu’ « il est des oeuvres qu’il est impossible de réduire à un simple tableau, à une simple sculpture ou à un simple objet d’art, Les Ménines en font partie. Le lien de la toile avec l’Espagne, dans son histoire comme dans son territoire, le fait qu’elle ait été peinte à Madrid, à quelques kilomètres du lieu qui la conserve aujourd’hui ne sont pas les uniques raisons de son inamovibilité. [….]”

“Si Les Ménines ne sont pas un simple tableau, c’est parce que la charge symbolique (le symbole de l’Espagne, du Siècle d’Or, de Velazquez, du triomphe de l’art) que porte l’oeuvre dépasse les seules questions de sa matérialité, de sa conservation, bonne ou mauvaise, et des capacités logistiques à la déplacer sans risque. […] Les Ménines sont un monument de la peinture, un monument de l’art, un monument de l’Histoire, un monument espagnol et les monuments on les visite, on va à eux, on ne les déplace pas (ou en tout cas on ne devrait pas !). Alors, de même qu’il ne faut pas prêter Les Ménines, il ne faut pas les emprunter. »

Toutefois, une tablette numérique présente quatre lectures différentes du tableau par Michel Foucault, Jacques Lacan, Jonathan Brown (professeur à l’Institut des Beaux-Arts de l’Université de New York) et Guillaume Kientz. Dommage qu’elle soit située dans un recoin de salle, peu confortable pour s’arrêter écouter les propos.

Pour le reste, l’exposition présente des chefs-d’oeuvre velazqueziens (La Forge de Vulcain, Vénus au miroir, Portrait d’Innoncent X ) mais surtout, beaucoup, beaucoup, de portraits. Royaux, certes, mais l’ensemble pèse sur la scénographie qui manque de diversité visuelle.

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