La Renaissance à la sauce anglaise

artiste anglais, Elisabeth Ière, vers 1600 © National Portrait Gallery, LondonLes Tudors

Jusqu’au 19 juillet 2015

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Catalogue de l’exposition : 

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Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris VI

Si le musée du Luxembourg consacre une exposition aux Tudors, ce n’est pas seulement pour aborder leurs légendes inspirées de leur vie privée mouvementée, remise au goût du jour avec le film de Shekhar Kapur et Cate Blanchett dans le rôle d’Elisabeth. Mais c’est surtout pour rappeler que cette dynastie, qui a régné entre 1485 et 1603, a profondément marqué l’histoire de l’Angleterre et de ses voisins.

L’exposition réunit les portraits les plus emblématiques des cinq Tudors : Henri VII (fondateur de la dynastie), Henri VIII (le roi aux 6 épouses !), Edouard VI (l’enfant roi), Marie I (la Reine Sanglante), Elisabeth I (la Reine Vierge). Des objets personnels comme la bague d’Elisabeth I complètent cet aspect biographique.

En contrepoint sont abordées les relations diplomatiques entre la France et l’Angleterre, alternant ente conflits (rivalités entre Henri VIII et François Ier puis entre Elisabeth et Marie Stuart, reine d’Ecosse qui a, un temps, été reine de France en épousant Louis XII) et recherche d’alliances (projets de mariage entre Elisabeth et les fils de Catherine de Médicis, qui n’aboutiront pas).

Le parcours évoque également l’avènement de l’Eglise d’Angleterre, dirigé par Henri VIII dont il s’auto-proclame chef suprême. Car le Vatican refuse d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon. Le pays repassera sous égide catholique sous Marie Ier mais seulement le temps de son règne.

Joos van Cleve, Henri VIII, vers 1530-1535 © Royal Collection Trust © Her Majesty Queen Elizabeth II, 2014

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Enfin, l’exposition souligne les échanges artistiques entre la France et l’Angleterre. En particulier, le rôle du portrait miniature et l’engouement en France pour les oeuvres de Shakespeare, qui sont jouées dans les grands théâtres parisiens. Les interprètes sur scène font revivre Henri VIII et ses six épouses : Catherine d’Aragon épousée en 1509 mais répudiée car ne lui donnant pas de fils en 1533 ; Anne Boleyn, décapitée en 1536, trois ans après avoir été épousée ; Jeanne Seymour morte en couche en 1537, un an après son mariage ; Anne de Clèves, répudiée en 1540, l’année même de son mariage ; Catherine Howard, décapitée en 1542, deux ans après son mariage ; Catherine Parr, veuve en 1547, quatre ans après son mariage. Tandis que Sarah Bernhardt incarne pour la première fois sur grand écran Elisabeth I (1912).

Des artistes venus d’Italie, des Flandres et des contrées germaniques se mettent au service de la royauté pour représenter les différentes épouses et prétendants. Et c’est sous l’ensemble de ces influences étrangères que l’Angleterre met en forme sa Renaissance.

Si le sujet ne m’avait pas captivé avant de voir l’exposition, force est de reconnaître qu’elle présente des oeuvres phares de la National Portrait Gallery de Londres, qui a lancé un vaste programme de recherches et de restauration d’oeuvres (Making Art in Tudor Britain). D’autres oeuvres proviennent de la Royal Collection, du Victoria & Albert Museum mais aussi de la BnF et du musée du Louvre. L’ensemble est agréablement mis en scène par Hubert Le Gall. A voir pour la provenance des oeuvres ou/et si on aime les histoires matrimoniales royales et truculentes !

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