Dialogue entre les arts Batak et…

Ornement d'architecture. Bois, pigments noir, blanc et rouge. 124 x 52 x 39 cm, 23295g (c) musée du quai Branly, Photo: Patrick Gries/Bruno DescoingsAu nord de Sumatra: les Batak

Jusqu’au 11 mai 2008

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Musée du quai Branly, 27/37/51 quai Branly ou 206/218 rue de l’Université 75007, 01 56 61 70 00, 8,50€ (13€ expositions temporaires + collections permanentes), entrée gratuite le 1er dimanche de chaque mois.

Le musée du quai Branly propose deux expositions temporaires sur des arts peu connus jusqu’alors. La société indonésienne Batak (au nord de Sumatra) compose la première partie de l’exposition. Les Batak ont résisté jusqu’au milieu du XIXe siècle à la “contamination” de la culture occidentale, malgré l’arrivée des colons hollandais. Partons à la découverte de cette société, qui loin d’être primitive, se révèle structurée et d’une réelle virtuosité sur le plan artistique.


LES BATAK

Le commissaire de l’exposition, Pieter ter Keurs, conservateur de l’Insulinde au musée national d’Ethnologie de Leiden, n’en revient pas lui-même. Les Batak, qui vivent au nord de Sumatra, ont su cacher le berceau de leur civilisation – le lac Toba, au pied du mont Pusuk Buhit (“la montagne du centre du monde”) -, aux colons hollandais. Le lac n’est découvert qu’en 1853. Pourtant, d’après P. ter Keurs, les Batak (“peuples de l’intérieur”) – nom donné par les Hollandais pour désigner pêle-mêle tous les autochtones -, n’ont pas toujours été si fermés aux incursions étrangères. Ils échangeaient au Xe siècle avec les Chinois et leurs autres pays frontaliers. Mais ils se refermèrent sur eux dès que les Blancs posèrent le pied sur leur sol.

Le mot batak regroupe six tribus: Toba, Karo, Simlungun, Pakpak, Angkola et Mandailing. Les deux premières sont chrétiennes, tandis que les Mandailing sont musulmans. La tribu des Angkola n’a pas encore été sérieusement étudiée. L’essentiel des recherches portent sur les Toba et les Karo.

Aujourd’hui, nombre de Batak ont quitté leurs villages pour vivre à Jakarta et Medan. Néanmoins, si leur art se retrouve sur les marchés touristiques, les Batak ont su préserver leurs coutumes et les associent allègrement avec les techniques modernes.

Sommet de bâton de magicien. Bois dense à patine foncée, coton, plumes de coq, crin de cheval, laiton (c) musée du quai Branly, Photo: Patrick Gries/Bruno DescoingsAinsi, les statues sont aujourd’hui recouvertes de peintures modernes. Le ciment remplace le bois. Mais, lorsqu’une personne est malade, elle se rend chez le Datu (appelé Guru chez les Karo) – magicien, devin, guérisseur aussi bien que chef politique qui est responsable de la juste interprétation des écritures pour exécuter les rituels -.
“Les Batak ont su intégrer certaines techniques modernes, tout étant fiers de se définir comme Batak”, explique le commissaire. “Ils jouent même de cette ambivalence et prennent dans chaque culture ce qui les arrange”.

Amulette. Laiton, alliage cuivreux rapporté, fer. 5,5 x 15,5 x 1,5 cm, 50g (c) musée du quai Branly, Photo: Patrick Gries/Valérie TorreL’exposition présente 115 objets autour de sept thèmes: le monde des morts, la figure du singa (animal fantastique à mi chemin entre le buffle et le serpent), les instruments de musique (pour se mettre en relation avec les ancêtres), la maison Toba, les textiles, l’univers du datu, et la protection contre les menaces du monde extérieur.

Parallèlement, une petite galerie expose les photographies en noir et blanc de Tassilo Adam, qui a vécu chez les Karo, au début du XXe siècle. Tandis que les photographies couleur de Peter Horree, dispersées au sein de l’exposition, dévoilent la contemporanéité de la vie Batak. Peuple qui joue aujourd’hui un rôle essentiel dans l’économie de Sumatra.

IVOIRES D’AFRIQUE (à suivre)

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