Saison japonaise

L’art de Rosanjin – Génie de la cuisine japonaise
Jusqu’au 9 septembre 2013

Tsutsukagi – Textiles indigo du Japon
Jusqu’au 7 octobre 2013

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Musée Guimet, 6 place d’Iéna, Paris XVI

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Je pensais m’extasier devant la vaisselle créée par Kitaôji Rosanjin (1883-1959) et passer rapidement devant les textiles tsutsukagi. Ce fut tout l’inverse! Le bleu indigo et les motifs raffinés des tissus m’ont fait perdre la notion du temps.

 

Le tsutsugaki (de tsutsu, “tube” et de gaki, “dessin”) désigne dès le XVIe siècle une technique de teinture à l’indigo accompagnée de décors réalisés par réserve à la pâte de riz ainsi que les oeuvres textiles qui en résultent. Assemblage quasi invisible des tissus, vivacité des couleurs et qualité des dessins expliquent la renommée des tsutsugaki, véritables tableaux auxquels il ne manquerait qu’une signature.

A  l’image de l’art de l’estampe, le tsutsugaki est un art populaire qui relève à la fois du dessin et de la teinture, résultat d’un processus de création complexe qui fait appel à plusieurs savoir-faire conjoints (le dessinateur, l’artisan et le teinturier). Né à l’époque de Muromachi (1337-1573), le tsutsugaki a connu son apogée au cours de l’époque d’Edo (1603-1868).

Les motifs des tsutsugaki diffèrent selon les régions. Au nord-est du Japon les motifs de singes prédominent, tandis qu’à Kyûshû, au sud-est de l’archipel, le shishi (lion japonais) et le dragon s’imposent dans des coloris éclatants. Chacun des motifs est choisi avec soin pour sa valeur symbolique de bon augure, souhaitant longévité et prospérité à leurs possesseurs.

Initialement commandés à l’occasion de grands événements rythmant la vie familiale et collective (mariages, naissances, décors d’autels pour cérémonies religieuses…), l’usage des tsutsugaki imprègne la vie quotidienne des Japonais, avec ses bannières et ses kimonos de fête, avant de disparaître progressivement à la fin de la Seconde guerre mondiale.

Mon seul regret : qu’aucune vidéo ne présente en détail les différentes étapes de la technique du tsutsugaki.

 

L’ART DE LA CERAMIQUE ET DU LAQUE

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Rosanjin, l’inventeur de la gastronomie au Japon, le bi-shoku ou l’esthétique du manger, redonne vie au concept du “beau autour de la table. A la fois céramiste, artiste laqueur, calligraphe et peintre, il est aussi essayiste et affirme dans La voie du goût de Rosanjin : “La cuisine, tout en prenant comme matière la nature et en satisfaisant le désir le plus primitif des êtres humains, sublime ce savoir-faire au niveau de l’art”.

Les motifs de fleurs de cerisier, de bambou, de fleurs d’érable sont mes préférés. Ils reflètent la volonté de symbiose entre les émotions suscitées par la contemplation de la nature, l’appréciation de mets délicats et la création d’oeuvres justement créer pour engendrer cette harmonie.

Dans l’esprit de “l’art total” prôné ainsi par Rosanjin dans son restaurant mythique Le Club des Gourmets (ouvert en 1921), le public peut vivre ici une expérience culinaire et esthétique semblable à celle vécue par les clients des restaurants de l’artiste. Des vidéos de quatre grands chefs sont projetées sur une table où les visiteurs s’assoient et dégustent visuellement le raffinement de la cuisine traditionnelle japonaise.

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