Un Allemand à la cour de Louis XIV

De Dürer à Van Dyck, la collection d’Everhard Jabach

Jusqu’au 16 septembre 2013

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Musée du Louvre, Aile Sully, 2e étage (salles 20 à 23), Paris Ier

 

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Everhard Jabach (1618-1695), marchand-banquier issu d’une riche famille colonaise, installé à Paris, est le plus grand collectionneur de dessins et de peintures de tout le XVIIe siècle. Un trésor qu’il vend au Roi-Soleil en 1671. Et qui forme encore aujourd’hui le noyau des collections du musée du Louvre.

 

Dürer, Léonard de Vinci, Hans Holbein, Antonis Mor, Jules Romain, Titien, Pontormo, Corrège, Bassano, Bronzino, Véronèse, Blanchard, Valentin, Claude Lorrain, Bril, Steenwijck, Rubens… Ces beautés sont encore au musée parisien de nos jours. En dépit des achats de certains grands musées au XIXe siècle ou au XXe, en Amérique ou en Allemagne.

Everhard Jabach a naturellement cherché à acquérir des œuvres allemandes et constitué un fonds qui se distingue par sa qualité et sa quantité, uniques à Paris.

Les grands artistes de la Renaissance y prédominent : Holbein le Jeune, avec les cinq tableaux de l’artiste conservés au Louvre, Dürer, Cranach, Altdorfer… Les œuvres des Colonais Hans von Aachen ou Augustin Braun, de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle, rappellent les liens du collectionneur avec sa ville natale. L’originalité de Jabach se traduit enfin par le nombre important d’études de têtes qu’il attribuait à Dürer et à Holbein et dont plusieurs furent jugées dignes d’être collées et dorées, distinction plutôt réservée dans sa collection aux compositions achevées ou dessins d’ordonnance.

Jabach recherchait avant tout les maîtres anciens, ceux de la Renaissance. Stradanus, peintre originaire de Bruges et installé à Florence, est l’artiste des anciens Pays-Bas le mieux représenté dans la collection, avec 36 dessins, en majorité des modelli pour des gravures représentant des scènes de chasse. Il est suivi de près par le Bruxellois Bernard van Orley, dont Jabach possédait un grand nombre de projets de tapisserie.

Jabach se distingue des autres collectionneurs parisiens de son temps, qu’ils soient ministres ou grands seigneurs, par son goût pour le paysage. Le célèbre Paul Bril fut le paysagiste nordique qu’il recherche le plus.

Jabach a bien connu les deux plus grands peintres flamands de l’Europe des cours du premier XVIIe siècle : Antoon Van Dyck (1599-1641) et Pierre Paul Rubens (1577-1640). Il s’est fait portraiturer par le premier ; le portrait peint que nous présentons ici est le seul, aujourd’hui, encore en mains privées.

Jabach a apposé son élégant paraphe sur l’ensemble de ses dessins. La seule présence de cette marque, généralement tracée à la plume et à l’encre brune permet d’identifier avec certitude la provenance Jabach d’une feuille. Qu’elle ait été vendue à Louis XIV en 1671 ou qu’elle soit restée en possession du collectionneur jusqu’à sa mort en 1695.

Parmi les plus belles oeuvres, on note la Vue du val d’Arco d’Albrecht Dürer et le magnifique portrait d’Erasme écrivant de Hans Holbein le Jeune – l’une des plus célèbres représentations du plus grand érudit de son temps. Soin apporté par le peintre au rendu de la main tenant une plume, au contour de son visage, au poids de ses doigts, le tout effectué par une technique pointue : pierre noire, sanguine, crayon brun, pointe d’argent. L’ensemble rend le style très dessiné alors qu’il s’agit d’une oeuvre peinte. Un chef-d’oeuvre.

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