Camille Claudel en propre

César, Portrait de Camille Claudel à 18 ans, 1881. Papier albuminé. 15,5 x 10,3 cm (c) Musée Rodin, Paris, 2008Rétrospective Camille Claudel (1864-1943)

Jusqu’au 20 juillet 2008

(Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !)

Musée Rodin, 79 rue de Varenne 75007, 01 44 18 61 10, 6€

“Je lui ai montré où elle trouverait de l’or, mais l’or qu’elle trouve est bien à elle” (Auguste Rodin). Le musée Rodin consacre une importante rétrospective à Camille Claudel, en tant qu’artiste et non muse de Rodin. Bien que les deux artistes soient intimement liés, chacun a développé un style propre. Et contribuer personnellement au développement de l’histoire de l’art sculptural.


Le musée Rodin prend le taureau par les cornes! En mettant en exergue les exemples représentatifs des sculptures de Camille Claudel (1864-1943) qui prouvent que l’elève s’est affranchie du maître.

Aline Magnien, commissaire de l’exposition, concède que la tâche est ardue. “Lorsqu’il est question de Rodin et de Camille Claudel, l’interprétation psychologique et autobiographique a tendance à envahir le champ de la critique”. Mais elle affirme que “les sculptures de Camille Claudel possèdent, comme toute oeuvre véritable, une dimension qui les place dans une perspective autre que biographique”.

L’exposition soulève au moins deux questions importantes: le statut de “l’élève”, “la praticienne”, “l’assistante” – les termes varient selon les commentateurs -, par extension, la place de Camille Claudel dans l’art à la du fin XIXe – début XXe siècle, et la difficulté d’être femme sculpteur à cette époque.

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Cette problématique est abordée à travers l’analyse des oeuvres clés de Camille Claudel.
– Les portraits évolutifs de son frère Paul, de ceux des jeunes enfants (cf. La Petite Châtelaine) et de vieilles femmes du voisinage de Camille (un modèle coûtant cher, Camille s’initie à la sculpture en modelant son entourage);
Sakountala: sa première grande oeuvre. Pour cette oeuvre originale, Camille s’inspire de la mythologie indienne, racontant les amours contrariés d’un prince et d’une simple fille. La question de la destinée sera un thème récurrent dans son oeuvre sculpturale. Lors de la réalisation en marbre, l’oeuvre changera de titre pour devenir Vertumne et Pomone, en référence à Ovide. L’aspect poli du marbre caractérise le travail de C. Claudel qui taille elle-même ses marbres.
Camille Claudel, La Valse / Les Valseurs. Bronze. 43,2 x 23 x 34,3 cm (c) Musée Rodin (Photo: C. Baraja) / (c) Adagp, Paris, 2008– La Valse ou Les Valseurs: un couple de danseurs, passionnément enlacés, à la limite du déséquilibre, sont emportés dans un tourbillon. Dans une première version, les danseurs étaient nus. Pour contourner la censure, Camille les drape.
L’Age mûr ou “groupe de trois ” comme les appelle Camille: ils offrent une représentation du destin de l’homme vieillissant, arraché à l’amour, la jeunesse et la vie. Contrairement aux idées reçues, l’identification des personnages à Rose Beuret (la compagne de Rodin), celui-ci et Camille s’avère postérieure à la réalisation de cet ensemble. L’Age mûr symbolise néanmoins la rupture de Camille et de Rodin, dans la mesure où la jeune femme prouve par cette statue sa pleine maîtrise des modelés.
Camille Claudel, La Vague, 1897. Onyx et bronze sur socle de marbre. 62 x 56 x 50 cm (c) Musée Rodin (Photo: C. Baraja) / (c) Adagp, Paris, 2008La Vague (inspirée de La Vague au large de Kanagawa, une estampe de Hokusai) ou Les Causeuses: ces oeuvres témoignent de l’influence des arts décoratifs et du japonisme chez la jeune femme. La scène des Causeuses s’inspire d’une conversation entre quatre femmes dont est témoin Camille dans un train. L’artiste reproduit la scène en représentant ses personnages nus et sans âge pour les inscrire dans l’universalité. Ces brefs moments de la vie captés, ces “petites choses nouvelles” comme Camille l’écrit à Paul, confirme qu’elle s’est affranchie de l’influence de Rodin. Toutefois, à l’instar de son ancien maître et amant, elle en arrive à réutiliser une partie de ses personnages (cf. une Niobide blessée, issue de Sakountala).

Camille Claudel interrompt son activité créatrice à partir de 1905. Ses lettres à son frère témoignent d’une paranoïa envers Rodin. A la demande de sa mère et de Paul, elle est internée à l’asile de Ville-Evrard, puis (en raison de la guerre) à l’hôpital psychiatrique de Montdevergues (Vaucluse). Camille y reste jusqu’à sa mort en 1943. Oubliée, à la porte de l’Enfer, tandis que Rodin est consacré maître sculpteur de tous les temps.
Très attendue du public – la dernière exposition des oeuvres de Camille Claudel remonte à 1991 -, le musée Rodin a mis en place un système de réservation en ligne (Evitez les files d'attente: achetez vos billets en ligne en cliquant ici !) et propose une nocturne le mercredi jusqu’à 21h.

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2 réponses à Camille Claudel en propre

  1. dominique Schakller dit :

    J’ai vu une expo Camilel Claudel il ya 2 ans environ au musée marmottan et une autre plus petite il ya qqes années à Bar sur seine c’est te dire que c’est qqu’un qui e touche bcp;j’avais bien sur vu celled e 1991

  2. Ping :Marie d’Orléans, une artiste née - Artscape: Art, Culture & Paris

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