Le design pour tous

De Prisunic à Monoprix – Une aventure française

Jusqu’au 15 mai 2022

#MonoprixPrisunic

Musée des arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er

“Le beau au prix du laid”, ça vous rappelle quelque chose ? C’était le letimotiv de Prisunic et, bien que l’enseigne ait fusionné avec Monoprix (1997) et qu’elle se soit repositionnée sur un créneau plus haut de gamme, la marque cherche toujours à rendre le design de la maison et de la mode plus accessible. Déambulation à travers les espaces du MAD pour découvrir ces objets aux couleurs iconiques, au son des caisses enregistreuses…

Vue de l’exposition © MAD, Paris / Christophe Dellière

L’exposition Prisunic/Monoprix présente 500 oeuvres – des assiettes en plastique rouge vif aux affiches publicitaires à l’humour mordant, en passant par les vêtements d’inspiration africaine nés de la collaboration avec Maison Château rouge (2018) – à travers les collections permanentes du musée. Pour les repérer, il suffit de suivre le code couleur jaune-orange ou fuchsia.

Cette aventure franco-française naît en 1931 : Le Printemps ouvre un premier Prisunic à Paris. Un an plus tard, son éternel rival, le groupe Galeries Lafayette (et Max Heilbronn) crée Noma, rebaptisé Monoprix à Rouen. Dès 1946, Jacques Gueden (directeur général de la centre d’achat de Prisunic) introduit le marketing à l’américaine.

Vue de l’exposition © MAD, Paris / Christophe Dellière

En 1957, Denise Fayolle, qui dirige le bureau du style et de la publicité de Prisunic lance le slogan “Le beau au prix du laid” (slogan inspiré du livre de Raymond Loewy La laideur se vend mal, publié en France en 1953). Les collections qui en sont issues sont présentées publiquement au Théâtre en rond à Montmartre en 1960. Le secteur maison se développe. Le premier catalogue de meubles Prisunic voit le jour en 1968.

Vue de l’exposition © MAD, Paris / Christophe Dellière

En 1997, Prisunic (Groupe PPR Printemps) fusionne avec Monoprix (groupe Galeries Lafayette). L’enseigne célèbre “le plaisir de vivre à la française”. En 2012, Monoprix est cédé au groupe Casino. Les collaborations avec les designers et artistes de renom se développent (Terence Conrad, India Mahdavi qui signe la scénographie de cette exposition, Constance Guisset, Alexis Mabille, etc.). Ils développent un design simple et fonctionnel avec des matériaux colorés en métal ou polyester.


Friedemann Hauss, Affiche publicitaire. Été 70 Prisunic, 1970. Papier, sérigraphie Photo © MAD, Paris / Christophe Dellière

Le graphisme prend de l’importance dès les années 1970 comme le révèlent les affiches au langage percutant. Concept qui se poursuit jusque dans la période Covid avec cette affiche : “On ne va pas trop sortir ce mois-ci, raison de plus pour ne pas le faire avec des collants filés”. Ou “Les vêtements pour enfants jusqu’à 3 ans sont à nouveau essentiels. Les autres sont priés d’arrêter de grandir” !

Vue de l’exposition © MAD, Paris / Christophe Dellière

La scénographie est astucieuse avec une period room où est mise en scène une sélection d’objets pour manger, sortir, se vêtir ; la recréation de caisses automatiques et de présentoirs de magasin ; la senteur artificielle typique de Monoprix ; des trésors d’habits vintage pour bébé ; quelques jolies collaborations de vaisselle contemporaines, que l’on n’a pas forcément eu l’occasion de voir lors de son shopping personnel – ou qui paraît plus belle accrochée aux cimaises du musée plutôt que sur un présentoir blanchâtre !


Simone Pheulpin, Croissance III, 2015 © Antoine Lippens © Adagp, Paris, 2021

À voir aussi (dans les galeries du 18e, art nouveau et art déco): la quarantaine d’oeuvres de Simone Pheulpin, aux formes organiques, réalisés à partir de plis de coton français – issu de la dernière manufacture française, tout comme la multitude d’épingles qui les soutiennent -. Sa technique originale lui a valu de nombreux prix et son travail est entré dans les institutions muséales internationales comme l’Art Institute of Chicago, le Victoria and Albert Museum de Londres, et le Musée des Arts Décoratifs bien sûr. Cocorico !

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