Osiris

Le réveil d'Osiris, Musée égyptien du Caire. Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio / Hilti FoundationMystères engloutis d’Egypte

Jusqu’au 31 janvier 2016 – Prolongation jusqu’au 6 mars 2016

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Catalogue de l’exposition : 

Institut du monde arabe, Place Mohammed V, Paris 5e

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L’Institut du monde arabe présente l’un des mythes fondateurs de la civilisation égyptienne : « les Mystères d’Osiris ». Grâce à 250 objets retrouvés lors des fouilles sous-marines dirigées par Franck Goddio, dans la baie d’Aboukir.

L’exposition présente une véritable immersion pour s’initier aux “Mystères d’Osiris”.  La mission menée par  l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM), sous l’égide de Franck Goddio, a permis de découvrir à quelques kilomètres d’Alexandrie, les cités de Thônis-Héracléion et de Canope, submergées depuis le VIIIe siècle.

Depuis la découverte de la stèle dite de Canope en 1881 à Köm el-Hisn (238 av. J.-C.), on savait que dans le grand temple d’Amon Géreb de la ville d’Héracléion était célébrée une cérémonie initiatique consacrée à Osiris, orchestrée par le pharaon lui-même ou des prêtres initiés.

Selon la légende, Osiris, fils de la Terre et du Ciel, est tué par son frère Seth, qui démembre le corps d’Osiris en 14 morceaux avant de le jeter dans le Nil. Isis, soeur-épouse d’Osiris, retrouve grâce à ses pouvoirs divins les membres d’Osiris, les rassemble et lui rend la vie. De leur union posthume naît Horus, qui vaincra Seth et remporte l’Egypte en héritage, tandis qu’Osiris devient le maître de l’Au-delà.

La stèle précise que cette cérémonie initiatique dure 21 jours et se termine par une procession nautique qui emmène Osiris du temple d’Amon Géreb d’Héracléion à 3,5 km vers l’ouest au sanctuaire dédié à Sérapis de la ville de Canope. En 238 avant J.-C., la princesse Bérénice décédée, est invitée à se joindre à Osiris pour cette procession funèbre qui commence le 29 du mois de Khoiak (novembre).

Le rituel prévoit que dans le temple d’Amon Géreb soient fabriquées deux effigies d’Osiris : un Osiris végétant dans une cuve-jardin qui va germer grâce à l’eau fertile du Nil et une autre de Osiris Sokar. Leur fabrication répond à deux protocoles distincts, codifiés, décrits sur les murs des chapelles osiriennes de Denderah.

Simulacre végétal d'une momie d'Osiris, Musée égyptien du Caire. Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio/Hilti Foundation

Les officiants disposent d’instruments rituels présentés ici dans des vitrines : louches, brûle encens, bols, passoires, barques de processions, sistres, tous exhumés de l’eau et restaurés. Des échantillons illustrent les matières utilisées : limon, sable, grains d’orge, de lin, de blé, eau du Nil, épices, aromates, pierres semi-précieuses. Les formules, prières et incantations psalmodiées, issues du Livre des Morts, sont inscrites sur les cimaises.

Les éléments retrouvés le long du canal – plats à offrandes en pierre, lampes à huile en céramique, encensoirs, barques votives et louches rituelles en bronze – sont disposés en hauteur pour donner l’impression qu’ils flottent vers leur destination finale. Une musique antique imaginaire est diffusée et des grains de lumière tombent sur le sol tandis que la photographie mosaïque d’une barque processionnelle en bois de 11m de longueur (et laissée dans le canal après étude de l’IEASM) est projetée sur le mur.

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Statuette d'Osiris en bronze et barque votive en plomb posées sur les fonds sous-marin de la baie dœAboukir. Thonis-Héracléion, Égypte, VIe - IIe s. av. J.-C.. Photo : Christoph Gerigk © Franck Goddio/Hilti Foundation

Des pièces provenant des musées égyptiens (pectoral, amulette d’Osiris, pièces d’orfèvrerie) — prêtées exceptionnellement – sont insérées tel un cabinet de curiosités avant d’atteindre la section consacrée à Canope, où l’on retrouve des objets des fouilles: un Osiris-Canope, une tête de Sérapis coiffé de son calathos (un boisseau, signe de fertilité agraire), un buste du dieu-fleuve Nil de belle facture classique. Une sculpture de la reine Arsinoé, figurant sous l’apparence de la déesse Isis-Aphrodite, avance, bras le long du corps et pied gauche en avant, dans une attitude pharaonique traditionnelle, tout en étant drapée à la grecque d’un voile mouillé.

La dernière section évoque la portée du mythe d’Osiris – réincarné sous la forme de Dionysos chez les Grecs Anciens, avec comme point d’orgue une superbe statue d’Osiris, emmailloté dans des bandelettes. “Une manière de ne pas oublier qu’Osiris ne dut son salut qu’à l’amour conjugal puisqu’Isis, aidée du dieu chacal Anubis, inventa pour lui les gestes de la momification”, conclut F. Goddio, commissaire de l’exposition.

Cette exposition riche en chefs-d’oeuvre – tous égyptiens car les objets découverts sous l’eau par les équipes de l’IEASM restent la propriété de l’Egypte – est très bien mise en scène. Elle joue sur les différentes tailles de statues, des amulettes aux colosses géants présentés dès le parvis de l’IMA. Si l’espace à parcourir n’est pas immense, il y a beaucoup à lire sur chacun des cartels. J’ai particulièrement apprécié le décryptage des hiéroglyphes et le film des équipes de l’IEASM. Un bon début de programme pour cette rentrée culturelle !

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