Femme ou objet?

2Linder – Femme / Objet

Jusqu’au 21 avril 2013

[amazon_link id=”2759602087″ target=”_blank” container=”” container_class=”” ]ACHETER LE LIVRE DE L’ARTISTE[/amazon_link]

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris XVI

 

 

Artiste britannique de la mouvance punk, Linder expose ses photo-montages provocateurs au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Peu connue de ce côté-ci de la Manche, son nom ne manquera pas de laisser une empreinte à ceux qui verront son oeuvre féministe, qui hurle à ses consoeurs de “se réveiller”.

 

Pour Linder, l’heure est toujours à la revendication. Un siècle de libération sexuelle a beau être passé par là, il s’agit encore de lutter contre l’instrumentalisation du corps des femmes dans la société moderne. La femme reste objet, qu’il soit utilitaire ou de désir.

Car selon cette artiste originaire de Liverpool, née Linda Mulvey en 1954, active sur la scène post-punk de Manchester depuis les années 1970, la publicité continue d’érotiser des femmes dans le but de faire vendre des biens de consommation et du plaisir. La pornographie, la mode, et la nourriture sont autant de sujets qui recourent à l’érotisation des femmes à des fins commerciales.

Publicité

Paradoxalement, Linder – pseudonyme à consonance allemande, qu’elle choisit délibérément dans le contexte d’après Seconde Guerre mondiale (en hommage à un pionnier du collage, John Heartfield [de son vrai nom Helmut Franz Joseph Herzfeld] qui défie l’anglophobie manifestée par les Allemands après l’entrée en guerre de l’Angleterre en 1914] – utilise ces mêmes sujets qu’elle dénonce pour pointer du doigt leur travers.  Grâce à des collages qui dérangent et forcent les gens à ouvrir les yeux sur ce qu’ils en veulent pas voir.

Dans ses photomontages, qu’elle réalise à partir d’une gigantesque collection de magazines, datant des années 1940 à nos jours, et dont elle découpe au scalpel les images de papier glacé, le cerveau de la femme est généralement remplacé par un fer à repasser – cet instrument censé aider la femme dans ses tâches domestiques mais qui ne fait que l’aliéner et la cantonner à un rôle conservateur de servante au foyer -, ou des pâtisseries dégoulinantes de sucre, tandis que ses seins sont recouverts de lèvres et son sexe d’une fleur.

Performeuse, musicienne – elle fonde le groupe punk Ludus en 1978 – plasticienne, Linder est elle-même un collage multiple, à la personnalité ambiguë, liée d’une enfance difficile dans une Angleterre en pleine récession économique (elle naît dans le milieu ouvrier très touché par les politiques de la Dame de Fer). Emmanuelle de l’Ecotais, commissaire de l’exposition, commente : “elle [Linda] brouille les genres entre l’homme et la bête mais aussi entre le féminin et le masculin”. Ce qu’elle a appliqué à elle-même en pratiquant le body-building et en portant, bien avant Lady Gaga, une robe réalisée à partir de restes de viandes (viscères, chair crue, et autres friandises animales) d’un restaurant chinois, elle qui est végétarienne… Lors du dernier concert de Ludus (1981) qu’elle achève en ôtant sa robe pour révéler en-dessous un godemichet et en hurlant “Women Wake-Up”!

Taggé .Mettre en favori le Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *