The Political Line

Keith Haring

Jusqu’au 18 août 2013

Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, Paris XVI

 

Couleurs éclatantes et multitudes de figures pop, généralement sans visage, sont l’apanage de l’art de Keith Haring (1958-2000) dont le musée d’Art moderne de la Ville organise une rétrospective d’envergure. L’exposition se poursuit au CENTQUATRE avec la présentation d’une vingtaine d’oeuvres grand format.

 

Aujourd’hui tout le monde connaît le style Keith Haring. Pourtant l’exposition de la Ville de Paris présente des oeuvres inédites, dont une peinture inachevée de fin de vie. Elle met en avant la dimension politique de son oeuvre. Loin du cliché que l’on a de ses oeuvres légères et festives, avec ses coeurs rouges et ses couples rayonnants qui s’enchevêtrent. C’est le bon moment pour réserver un hôtel pas cher à Paris et découvrir cette exposition.

Pour le MAM de la Ville de Paris en 1984 (dans les espaces de l’ARC), K. Haring avait dessiné deux êtres assis face à face, qui dialoguent au point de se transpercer l’un l’autre. Mettant en filigrane la face sombre de l’oeuvre de l’artiste, qui ne travaillait qu’accompagné d’un fond sonore entraînant, comme on peut l’entendre dans l’exposition.

En utilisant la rue, les espaces publiques, et notamment le métro new-yorkais (Subway Drawings), l’artiste américain délivre un message de justice sociale, de lutte anti-raciale et anti-capitaliste. Des points critiques abordés au fil des salles.

“Sous sa très efficace apparence pop le travail de Haring est peut-être plus conceptuel et minimal qu’on ne le croit”, commente Fabrice Hergott, Directeur du MAM de la Ville de Paris.

Le CENTQUATRE présente quant à lui des bâches et peintures sur le thème de la religion, de la menace nucléaire et du Sida, “peste de notre temps” comme il le qualifie dans son Journal. Il expose plusieurs sculptures monumentales telles Head Through Belly et King and Queen et reproduit le Pop Shop, créé par Haring à Tokyo en 1988. Point d’orgue de l’exposition : les Dix Commandements (1985) constitués de dix panneaux de sept mètres de haut, inspirés de la Bible, qu’il peignit entre les grandes arches du CAPC de Bordeaux (d’ailleurs si vous avez réservé un hôtel à Bordeaux, ne manquez pas la découverte de ce musée).

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“Mes dessins ne tentent pas d’imiter la vie, ils tentent de créer la vie, de l’inventer” (1992).

Contemporain de Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou Robert Rauschenberg, K. Haring a eu une vie brève mais intense, régie par sa créativité hyperactive. Il a inventé “un art de signes qui dans l’histoire de l’art du XXe siècle est le seul à ce jour à avoir atteint un si grand pouvoir de diffusion”.

Popularité qui fera la lie de ses détracteurs. Ils lui reprochent la masse de produits dérivés, du T-shirt à la coque de l’iPhone, qui finissent par banaliser son oeuvre. Cette rétrospective entend ainsi légitimer ce que Haring a apporté à l’Histoire de l’art. Et redonner du sérieux à sa pensée… pas sûr que cela aurait plu à l’artiste!

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