Donation Eugene V. Thaw

Intérieurs romantiques – Aquarelles 1820-1890

Jusqu’au 13 janvier 2012

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Musée de la Vie romantique, 16 rue Chaptal, Paris IX

 

Depuis plus de trente ans, Eugene V. Thaw (né en 1927 à New York) fait des dons réguliers aux institutions culturelles new yorkaises. En 2007, il lègue quatre-vingt dix aquarelles d’un genre pictural particulier – les vues d’intérieurs du XIXe siècle européen – au Cooper-Hewitt, National Design Museum. Le musée de la Vie romantique présente aujourd’hui la finesse de ces oeuvres illustrant l’intimité d’une société émergente au pouvoir.

L’exposition se décompose en deux parties. La première aborde les différentes pièces reproduites : chambre à coucher – elle servait au XVIIe siècle de salon pour recevoir les visiteurs officiels avant de devenir un espace privé au XIXe siècle -, salon de musique, cabinet de travail, bibliothèque, petit et grand salon.

La seconde partie présente les vues d’intérieur en fonction des pays : Angleterre, Allemagne, France, Russie. L’élégance des demeures de cette dernière est particulièrement remarquable.

De fait, la reine de Prusse, la Grande Catherine, préférait “l’harmonie esthétique, le confort physique et spirituel aux dépens de la pompe et de l’apparat”, explicite la commissaire de l’exposition, Gail S. Davidson.

L’ensemble de ces aquarelles nous apprend en outre la naissance du genre pictural des vues d’intérieur. Au XIXe siècle, l’aristocratie souhaite conserver un souvenir, peint à l’aquarelle, des pièces de leurs résidences et des objets qui les décorent. De même, avec la révolution industrielle, la bourgeoisie émergente accumule les richesses dont les demeures deviennent le faire-valoir.

Ces aquarelles ne sont pas accrochées aux murs mais reliées sous forme d’albums. Les recueils comprennent d’abord une vue de l’extérieur de la maison et des jardins, suivie de leurs plans. Puis viennent les vues des différentes pièces. Les albums sont présentés aux invités ou offerts comme cadeau de mariage au moment où ceux-ci quittent le domicile familial.

Cette tradition d’aquarelles d’intérieurs, réalisées par des artistes confirmés, se déploie jusque 1870. Mais pourquoi l’aquarelle et non la peinture à l’huile? Les lavis successifs permettent une profondeur de ton en même temps qu’une certaine légèreté. Ils donnent de la matière aux rendus d’architecture, souvent très détaillés.  La publication de recueils techniques et l’apparition du “marchand de couleurs” pour artistes, qui vend pinceaux, papiers, cadres mais prépare aussi les pigments, permet l’essor de ce genre pictural spécifique.

Une exposition intime, raffinée et originale.

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