L’Hôtel de Ville reçoit les chefs-d’oeuvre d’Orsay

Paris au temps des Impressionnistes

Jusqu’au 30 juillet 2011

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Hôtel de Ville, salle saint Jean 75004, Entrée libre

En cours de rénovation, le musée d’Orsay prête une partie de ses chefs-d’oeuvre impressionnistes à l’Hôtel de Ville de Paris. L’occasion de sortir quelques toiles inédites des réserves et de rendre hommage à Manet, dont les projets de décors pour l’Hôtel de Ville avait été refusés.

Passionné par la ville, Manet souhaitait représenter le “ventre de Paris”, ses “diverses corporations se montrant dans leur milieu, la vie publique et commerciale de nos jours”. C’est en partie ce que nous montre cette exposition événement qui permet au public d’avoir un accès libre aux chefs-d’oeuvre impressionnistes des années 1850 à 1914.

C’est à cette époque que, pour des raisons d’hygiène et pour tenter de réprimer toute tentative d’émeutes, Napoléon III fait appel au baron Georges-Eugène Haussmann. Nommé préfet de la Seine en 1853, il a pour mission de raser les vieux taudis et d’embellir la capitale.

Entre 1851 et 1900, 1240 immeubles vont être construits par an. Grands boulevards, larges trottoirs, places et avenues viennent modifier la physionomie de la ville, qui n’avait pas évolué depuis 1789.
La ville, dont le coeur se réduisait à l’île de la Cité, est divisé en 20 arrondissements, chacun disposant de sa mairie, de ses écoles et églises.

La lumière artificielle, au gaz ou à l’électricité, vient éclairer l’activité nocturne, qui se développe grâce aux cafés-concerts, bals, cirques, théâtres, et la construction du Palais Garnier (1862-1875). L’apothéose est atteinte avec Hector Guimard et la naissance du métropolitain (cf. E. Vuillard, Le Métropolitain, station Villiers).

Adieu les monuments de Paris, vive l’activité de la rue et des parcs! Les artistes sont fascinés par la prolifération de ces nouveaux motifs et saisissent à traits vifs l’entité urbaine mouvante, incarnée par l’agitation qui règne à la gare Saint-Lazare. Monet y consacre sept toiles.
Mais tous n’adhèrent pas à la transformation de la ville, érigée en pierres puis briques, céramiques et tôle (construction des Halles par Victor Baltard). Renoir critique ainsi les constructions haussmanniennes, qu’il trouve “froides et alignées comme des soldats à la parade”.

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Parlons des soldats justement. Les esprits de l’époque sont autant marqués par  la défaite contre la Prusse et le siège de Paris (cf. Maximilien Luce, Une rue de Paris, 1871) que  par la sanglante répression de la Commune (mai 1871), à laquelle l’Hôtel de Ville consacre parallèlement une exposition.

Dix ans plus tard, au début des années 1920, tout semble effacé. A la Belle Epoque, le plaisir devient la règle. La puissance de l’argent n’a jamais été autant célébrée. Paris devient capitale de la mode. Une nouvelle société émerge, reflétée par les nombreux portraits de Degas, Manet, Blanche. Boldini réalise celui symbolique du Comte de Montesquiou, l’air à la fois conquérant et désinvolte.

Comme un écho à l’exposition “Manet, Inventeur du Moderne” présentée de manière concomittante au musée d’Orsay, “Paris au temps des Impressionnistes” dévoile aux Parisiens la modernisation de leur ville au début du XXe siècle. Un Paris imaginé par Haussmann, qui lui ressemble encore beaucoup aujourd’hui. Au point d’être qualifiée de “ville-musée”.  Mais, que les espritss “modernes” se rassurent, la ville évolue de nouveau avec la mise en place du Grand Paris…

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