Icônes de mai 1968

Les images ont une histoire

Jusqu’au 26 août 2018

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Catalogue de l’exposition : 

BnF François-Mitterand, Paris 13e

La BnF retrace l’histoire des photographies de mai 1968 qui ont accédé au statut d’icônes.

L’exposition suit le trajectoire médiatique des photographies, depuis les planches contacts jusqu’aux Unes ou reportages magazines de ces images désormais célèbres. En particulier, celle de “La Jeune Femme au drapeau” [Caroline de Bendern] prise par Jean-Pierre Rey, et le portrait de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS par Gilles Caron.

Au début, la photographie de “Dany le Rouge” n’a pas immédiatement été mise en exergue par les grands titres de la presse magazine. Elle devient icône du fait de la répétition de sa reprise dans les années suivantes, à partir de 1970. Elle circule plus largement notamment à l’occasion des anniversaires décennaux de Mai 68 et de l’agence Gamma (fondée en 1967).

La “Marianne de 68” de Jean-Pierre Rey a également évolué vers un statut d’icône. Publiée en petit format en 1968 dans la presse française, elle a ensuite été diffusée à plusieurs reprises jusqu’en 2008. Au fur et à mesure de ses publications, le cadrage se resserre, faisant perdre à la photographie son ancrage historique. Les commentaires se recentrent sur l’image elle-même faisant d’elle un symbole de Mai 68. Dans une interview de Caroline de Bendern, on peut également lire comment cette photo n’est pas “naturelle” ; elle a senti les flash des photographes et s’est mise à poser, se donnant l’air grave. En revanche, la jeune femme n’avait pas du tout l’intention de devenir un symbole de 68. Aristocrate de naissance, son grand-père l’en a déshérité !

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L’exposition se poursuit en interrogeant la pratique de la couleur : comment et pourquoi la mémoire visuelle de Mai 68 se conjugue-t-elle en noir et blanc alors que les événements ont été couverts et diffusés en couleurs par la presse de l’époque ? Des clichés couleurs ont été pris par de nombreux photographes : Janine Niépce, Georges Melet, Bruno Barbey, Claude Dityvon… Peu de ces images sont pourtant réutilisées dans les médias par la suite. L’exposition éclaire rétrospectivement ces choix éditoriaux et l’amnésie paradoxale qui a frappé cet usage de la couleur car celle-ci traduisait en 1968 un traitement de choix des événements par les rédactions.

Les photographies ne sont pas libres de droit mais je vous recommande cette exposition, qui permet de nous rappeler à quel point il faut savoir prendre du recul par rapport au flot d’images qui inondent notre société…

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