Ibrahim Mahama

Le temps des récoltes

Jusqu’au 28 février 2027

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2 place du Palais-Royal, Paris 1er

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Le Temps des récoltes, la première exposition majeure
de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama, accompagné de neuf artistes : Dorothy Akpene Amenuke, Gideon Appah, James Barnor, Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC), Courage Dzidula Kpodo, Zohra Opoku, Postbox Ghana, Tjaša Rener, Feda Wardak.

Ibrahim Mahama, Season of Migration to the North , 2025- 2026. Pots en terre cuite et bouteilles en verre. Red Clay, Tamale. Photo © Ernest Sackitey, courtesy RedClay


Ibrahim Mahama (né en 1987 à Tamale, Ghana) est réputé pour ses installations réalisées à partir de matériaux collectés, d’archives et de fragments de patrimoine industriel. L’artiste développe depuis les années 2010 une œuvre fondée sur l’exploration des héritages coloniaux et post-coloniaux du Ghana. En s’appuyant sur l’histoire industrielle et commerciale de son pays, il interroge la circulation des biens, la transmission des savoir-faire et la préservation du patrimoine.

Red Clay, Tamale, 2025. Photo © Ernest Sackitey, courtesy RedClay

Pour la Fondation Cartier pour l’art contemporain, il investit la totalité de l’espace avec des artistes associés, qu’il connaît de longue date suite à des collaborations ou des recherches communes. Le Temps des récoltes fait écho aux trois centres d’art fondés par l’artiste à Tamale, dans le nord du Ghana, depuis 2019, pour favoriser l’émergence d’un réseau d’institutions culturelles indépendantes sur le continent africain.

Ibrahim Mahama, Parliament of Ghosts , 2025. Sièges ashantis en bois, Red Clay, Tamale © Ibrahim Mahama © Photo Ernest Sackitey, courtesy Red Clay

Ibrahim Mahama présente une version inédite de son installation emblématique Parliament of Ghosts. Il s’agit d’une chambre parlementaire réalisée à partir de sièges ashantis traditionnels en bois. Vidé de ses représentants, ce parlement fantôme devient une métaphore d’une démocratie manquée, en écho au coup d’État de 1966 au Ghana et à la dissolution du gouvernement. Les visiteurs sont invités à s’y assoir et à participer aux différents événements de la programmation alliant musique, performances, rencontres et débats.

Vue de l’exposition de l’oeuvre Things Fall Apart d’Ibrahim Mahama. Photo B. Fougeirol, octobre 2026

Ibrahim Mahama expose également Things Fall Apart, une installation architecturale conçue spécifiquement pour l’exposition. À partir de matériaux originaux, il reconstruit l’ancienne usine ghanéenne de bouteilles en verre. Inaugurée en 1966 dans le sud-ouest du pays, cette usine comptait parmi les derniers grands chantiers de décentralisation du premier président, Kwame Nkrumah, avant sa chute. En rachetant cette usine laissée à l’abandon et en la démantelant pour la relocaliser à Tamale, Ibrahim Mahama la réactive comme œuvre et lieu d’apprentissage.

CATPC, La Forêt Sacrée Habitée, 2026. Broderie au fil de coton sur fibre plastique © CATPC. Photo © Alphonse Bukumba, courtesy the artists and KOW, Berlin

Parmi les oeuvres des artistes associées, citons les sculptures en argile et cacao réalisées par le Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC), coopérative d’artistes fondée en 2014 à Lusanga en RDC, à l’initiative du militant écologiste René Ngongo.  Les artistes réalisent des broderies, vidéos et sculptures à partir de matériaux locaux tels que l’argile, le cacao ou l’huile de palme, produits indissociables de l’histoire agricole et coloniale de la région.

Une exposition monumentale qui met sur le devant de la scène un artiste africain qui réactive le passé pour enrichir le présent de manière créative et fructueuse.

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