“L’art est une blessure qui devient lumière”

Georges Braque

Jusqu’au 6 janvier 2014

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Grand Palais, entrée Champs-Elysées, Paris VIIIe

 

Souvent  présenté comme le rival secondaire de Picasso dans le développement du cubisme, Georges Braque (1882-1963) collaborait à hauteur égale du maître espagnol, selon la rétrospective que lui consacre le Grand Palais.

Héritier de Cézanne, admirateur de Corot et de Chardin, Braque est également l’inventeur des papiers collés (1912). Toutes les périodes de sa création sont présentées dans l’exposition, depuis le Fauvisme jusqu’aux derniers paysages admirés par Nicolas de Staël.

Sur les pas de son père, peintre amateur doué qui exposait au Salon des artistes français, Georges Braque suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts du Havre, où sa famille est installée depuis 1890.

Georges arrive à Paris en 1900, suit quelques cours académiques mais décide de s’en affranchir dès 1904. Au Salon d’Automne de 1905 qualifié de “cage aux fauves”, il découvre le Fauvisme, mené par H. Matisse et A. Derain. Il en adopte les couleurs pures, directement sorties du tubes, qui définissent l’espace des objets et renvoient la lumière.

En 1907, G. Braque estompe sa palette pour s’intéresser aux formes géométriques. Il rencontre P. Picasso et ses Demoiselles d’Avignon, par l’intermédiaire de G. Apollinaire. Parallèlement, il lit dans le Mercure de France, la Lettre de Paul Cézanne à Emile Bernard, qui préconise de “traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône”.

“Braque et Picasso se voient tous les jours, confrontent leurs idées et marient leurs différences”, selon Dominique Dupuis-Labbé qui publie un Petit dictionnaire Braque du cubisme en 50 objets, et offre des clés de lecture de son oeuvre. C’est comme “la cordée en montagne […] Nous travaillions beaucoup tous les deux […]”.

Pour Braque, c’est le début de l’abandon de la couleur qui doit s’effacer devant la forme. Au profit de tristes gris, ocres et verts canards. La sensualité des couleurs ne revient que dans ses séries d’oiseaux  (en 1960!), métaphores de la palette du peintre, les ailes symbolisant son inspiration. Puis dans ses paysages normands, oeuvres ultimes de l’artiste.

Autant dire que le gros de l’exposition est composé des oeuvres du cubisme analytique* et synthétique** de Braque où domine la rigueur des formes géométriques dans des natures mortes, aux compositions de fruits ou d’instruments de musique. Pas de quoi soulever des passions instantanées (il faut décortiquer les oeuvres avec ses yeux et sa tête!) et c’est voulu : pour Braque, la règle est nécessaire pour corriger l’émotion…

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* Utilisation du principe de la facette qui subdivise l’intérieur des formes, et les contraint  à moins se différencier voire à s’interpénétrer pour créer une ambiguïté spatiale. “Nous ne sommes pas devant une représentation de la réalité compréhensible d’emblée, mais dans l’exploration fine des structures de la réalité, comme si les peintres avaient un microscope entre les mains et qu’ils nous proposent des images fractales qu’ils nous obligent à détailler et à recomposer”. Début 1911 : éclatement total des formes créant une impossibilité de lecture des éléments du tableau. Dérive de cette systémique analytique : le basculement dans l’abstraction (annoncé peu après par les oeuvres de Piet Mondrian). D’où la solution proposée par Braque…

**… : introduire des chiffres et des lettres au pochoir pour retrouver la réalité. En 1912, Picasso invente le collage, Braque lui répond par des constructions en papier puis des papiers collés, qui donnent une vision nette de l’objet (carte, journal, partition de musique). Ce dernier retrouve sa simplicité formelle. Picasso surenchère en produisant les premiers assemblages. “Le cubisme synthétique semble plus formaliste et plus intellectuel que ce que Braque et Picasso avaient produit jusqu’ici.”

[D’après le Petit dictionnaire Braque du cubisme en 50 objets de Dominique Dupuis-Labbé, Editions de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais].

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