La Fabrique du vivant

Mutations / Créations 3

Jusqu’au 15 avril 2019

Centre Pompidou, niveau 1, Galerie 3, Paris 4e

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Dans le cadre de la 3e édition du cycle Mutations / Créations, organisé par le Centre Pompidou en collaboration avec l’IRCAM, “La Fabrique du vivant” nous interroge sur la notion même du vivant, à l’heure où artistes, architectes, et designers s’emparent des sciences du vivant, des neurosciences et de la biologie synthétique. Entre fascination et effroi, les oeuvres sont plus que surprenantes !


Amy Karle, Regenerative Reliquary, 2016.
Bioréacteur en verre, métal, hydrogel de pegda biodégradable, liquide, cellules
© Amy Karle, 2016. All rights reserved © Conceptual Art Technologies, 2016. All rights reserved.

Le parcours grouille de bio-matériaux composés de micro-organismes biologiques (essentiellement le mycélium de champignon et les algues laminaires, mais aussi bactéries, levures, etc.) qui engendrent presque d’eux-mêmes des nouveaux objets – vaisselles, meubles, mur – biodégrables. L’idée étant de lutter contre la toxicité (et la laideur !) du plastique ou autres matériaux polluants et destructeurs de la planète.

Parmi les oeuvres phares, citons Bionic Chandelier de l’ingénieur Julian Melchiorri (né en 1987, travaille à Londres) qui s’inspire de la photosynthèse pour créer un luminaire en forme de feuilles, lesquelles hébergent des micro-algues vivantes qui se nourrissent de dioxyde de carbone pour rejeter de l’oxygène et ainsi purifier l’air.


Tokujin Yoshioka, Venus, Natural crystal chair, 2008 – 2012 Cristaux minéraux.
Photo © Masaya Yoshimura

Tokyujin Yoshioka crée la Crystalized Chair _ Venus à partir d’un bloc de fibre de polyester en forme de chaise qu’il plonge dans une cuve contenant une solution liquide à base de minéraux spéciaux qui vont la cristalliser, au son des vibrations de Frédéric Chopin et Pyotr Ilych Tchaikovsky.

Autre chaise “intelligente” : celle du designer néerlandais Eric Klarenbeek (né en 1978 à Amsterdam) réalisée à partir de mycélium vivant, imprimé en 3D (cf. twitter pour en voir l’image !).

La designer Teresa van Dongen (née en 1988, travaille à Amsterdam) imagine Electrif Life, une lampe fonctionnant à partir d’une batterie bactérienne.


Hongjie Yang (en collaboration avec le Dr. Patricia Y.W Dankers et Dan Jing Wu de l’Université de Technologie d’Eindhoven), Semi-Human Vase, 2018.
Cellules humaines Hela, bio polymère.
Photo © Ronald Smits

Plus dérangeant, Semi-Human Vase du designer chinois Hongjie Yang (né en 1989, travaille à Eindhoven) est créé à partir de cellules animales ou humaines HeLa (lignée cellulaire cancéreuse), générant une oeuvre semi-humaine. La couleur rouge sang n’aide pas à apaiser l’angoisse de voir un tel “objet” (?) hybride…

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Par ailleurs, le visiteur entend comme des bruits de casseroles cognant les unes contre les autres, par endroit et de manière intermittente. J’ai trouvé une grille par laquelle sortait ce son surprenant mais je l’ai entendu ensuite dans une autre salle. Explication : le compositeur Jean-Luc Hervé a créé Biotope pour accompagner les pas des visiteurs. S’ils sont trop nombreux, ou bruyants, le bruit s’arrête et ne reprend que lorsque le calme est revenu.

Une exposition qui interroge les frontières entre sciences, arts, ingénierie et innovation. Surprenante, pertinente, stimulante, elle donne enfin un peu d’espoir concernant notre futur (si ces innovations sont rapidement programmer à grande échelle) !

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