L’art bouddhique ancien

Tête de Buddha sur fond de stèle, c. VIIe-IXe siècle. Wat Phra That Haripunchai, province de Lamphun. Grès. Musée national Haripunchai de Lamphun (c) Thierry Ollivier / Musée GuimetDvaravati, aux sources du bouddhisme en Thaïlande

Jusqu’au 22 juin 2009

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Musée Guimet, 6, place d’Iena 75116, 7€

Des oeuvres bouddhiques anciennes appartenant aux principaux musées thaïlandais sont exposées de manière exceptionnelle au musée Guimet. Ces pièces datent de la période Dvaravati (VIe-XIe siècle), qui évoque un royaume ou un ensemble de cité-Etats recouvrant les plaines centrales de l’actuelle Thaïlande. Grâce aux recherches de George Coedès (1886-1969) et à la traduction de monnaies d’argent des VIIe et VIIIe siècles trouvées sur le site, ce royaume de l’ancienne Thaïlande a pu revoir le jour.

L’art des Môns (peuple ancien installé de la frontière birmane à Bangkok) associe d’anciennes traditions culturelles locales, remontant à la protohistoire, à l’indianisation – religions (hindouisme et bouddhisme), langues (sanskrit et pali), conception de la royauté et une certaine perception du monde -. L’influence indienne a été véhiculée en Asie du Sud-Est par les voies commerciales et fluviales (Mae Nam Chao Phrya, Ta Chin, Mae Khlong).

Les Môns ont ainsi développé un art bouddhique inspiré de l’Inde gupta et post-gupta (IVe-VIIIe siècle). Cependant, peu de vestiges architecturaux ont pu être conservés en raison de la fragilité des matériaux utilisés – briques pour la maçonnerie, stuc et terre cuite pour le décor -. Ce qui explique la quasi disparition des grandes cités de Dvaravati, dont Nakhon Pathom, U Thong, Khu Bua.

Buddha debout, c. VIIIe siècle. Wat Phra Men, Ayutthaya. Grès. Musée national de Bangkok (c) Thierry Ollivier / Musée GuimetL’art de Dvaravati se caractérise par une iconographie du bouddhisme du petit véhicule (theravada), incarné par l’omniprésence de la figuration du Buddha. Seules quelques oeuvres se rattachent au bouddhisme du grand véhicule (mahayana) ou à l’hindouisme.

Roue de la Loi (Dharmacakra), c. VIIe siècle. Nakhon Pathom. Pierre. Musée national Phra Pathom Chedi de Nakhon Pathom (c) Thierry Ollivier / Musée GuimetLes premiers sculpteurs de Dvaravati se doivent de copier les oeuvres en provenance d’Inde, où le style est maîtrisé dès le Ve siècle. Néanmoins, au fil du temps, les artistes thaïlandais se libèrent de cette influence et développent un art bouddhique original – le premier de toute l’Asie du Sud-Est. En attestent les roues de la Loi (dharmacakra), qui incarnent à la fois le souverain universel (cakravartin), le cycle des existences et l’enseignement du Buddha. Elles rappellent le premier sermon donné dans le parc aux gazelles de Sarnath, où le Bienheureux prononce publiquement l’essence de sa doctrine. La roue évoque également, par son mouvement giratoire, la répétition et la diffusion de son enseignement.

Depuis l’Inde des Maurya (fin IVe – début IIe siècle av. J.-C.), dans les grands complexes monastiques bouddhiques, la roue est placée au sommet d’un pilier et est associée aux stupa (aussi appelés chedi en Thaïlande). Ces derniers présentent une base haute décorée d’éléphants ou de buddha et rappellent la mort du maître. En effet, peu avant son départ pour l’autre rive, ses disciples, craignant de perdre l’enseigment de leur maître, obtiennent la permission de disséminer ses reliques corporelles dans le monde et les placent dans quelques stupa (wat mahatat).
La seconde partie de l’exposition s’intéresse à l’image du Buddha. Les artistes de Dvaravati se sont naturellement inspirés des sources stylistiques de l’Inde mais aussi du Sri Lanka. Les VIIe et IXe siècles marquent l’apogée de l’esthétique Dvaravati. Ensuite, l’art khmer angkorien semble avoir éclipsé l’art môn des plaines centrales de Thaïlande. Bien que dans les régions périphériques (Thaïlande du Nord et du Nord-Est), il perdure jusqu’au XIIIe siècle.

La représentation du Bienheureux est soumise à des règles inconographiques strictes. Tels le port du vêtement monastique qui laisse voir le corps par transparence et un certain nombre de signes distinctifs, définis par la tradition indienne, dont la protubérance crânienne (usnisa) et la touffe de poils entre les sourcils (urna).

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Buddha Maravijaya, c. VIIIe siècle. Province de Buriram. Grès. Musée national de Bangkok (c) Thierry Ollivier / Musée GuimetLa position de Buddha est généralement debout, de manière frontale, les bras levés en équerre à hauteur des épaules, le pouce rejoignant l’index pour symboliser le geste de l’argumentation. Mais, il peut aussi être représenté couché ou assis en lotus, mains posées l’une sur l’autre dans le giron, paumes tournées vers le haut.
Chaque position symbolise la méditation, l’enseignement, l’argumentation, la bienveillance, la compassion ou la mise en marche de la roue de la Loi qui marque la vision du Grand Etre de l’existence humaine.

Sa pose solennelle est adoucie par un imperceptible sourire. Dans un visage large et carré, les arcades sourcilières sont jointes et galbées, le nez est fort, les lèvres charnues. Les yeux sont dirigés vers le bas, signe de contemplation intérieure et de bienveillance envers le fidèle qui prie à ses pieds.

L’exposition présente des pièces majestueuses. La maîtrise artistique de la période Dvaravati rend Buddha confondant de bienveillance et de sérénité.

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