Delacroix, Cogniet, Scheffer…

Esquisses peintes de l’époque romantique

Jusqu’au 2 février 2014

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Musée de la Vie Romantique, 16 rue Chaptal, Paris IX

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“Pourquoi une belle esquisse nous plaît-elle plus qu’un tableau? C’est qu’il y a plus de vie, mois de forme”, affirmait Diderot en 1767. Le musée de la Vie Romantique appuie la déclaration du philosophe des Lumières en présentant une centaine d’esquisses du XIXe siècle, prémices d’oeuvres aujourd’hui célèbres.

 

Sous l’impulsion des jeunes talents romantiques, l’esquisse – initialement, une étape de la fabrication du tableau – s’impose comme une oeuvre à part entière, à partir du milieu du XVIIIe siècle. Elle paraît généralement plus spontanée que l’oeuvre achevée.

En atteste l’esquisse Rebecca enlevée par Bois-Guilbert (vers 1829) de Léon Cogniet (1794-1880), qui s’est inspiré pour cette oeuvre d’Ivanhoé de Walter Scott. L’auteur est très apprécié des Romantiques car ses romans offrent la possibilité de représenter des scènes exotiques et dramatiques. Ici, l’esquisse de Cogniet exprime une fougue et une vivacité des couleurs, qui se sont perdus dans l’oeuvre finale, souvent jugée trop consciencieuse.

Eugène Delacroix (1798-1863), dont on fête les 150 ans de sa disparition, n’avait pas ce problème car il donne la part belle à l’imagination, pour lui “reine des facultés”. Il écrit dans son Journal : “J’ai eu un délire de composition ce matin à mon atelier […] il faut ébaucher le tableau comme serait le sujet par un temps couvert, sans soleil, sans ombres tranchées. Il n’a radicalement ni clairs, ni ombres. Il y a une masse colorée pour chaque objet, reflétée différemment de tous côtés” (1852).

Son esquisse de La Chasse aux lions (1854) témoigne d’une touche nerveuse, rapide, qui permet de rendre la violence de la scène carnivore. La couleur structure la composition : les animaux tournoient dans une volute de tons chauds. Cette oeuvre traduit à la fois la passion de l’artiste pour l’Orient et son admiration pour l’oeuvre de Rubens.

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La composition de l’esquisse du Radeau de la Méduse (vers 1819) de Théodore Géricault (1791-1824) est une ode à l’innovation formelle. Quasiment inconnue de ses pairs, y compris Jacques-Louis David (1748-1825), la composition pyramidale offre une belle métaphore d’un crescendo émotionnel. Toutes les oeuvres du Salon de 1827 présenteront cette même dynamique ascensionnelle.

Une exposition pour laquelle Bertrand Delanoë “forme le voeu qu’un large public vienne suivre ces traces magnifiques laissées par des artistes épris d’absolu alors qu’ils avançaient sur le chemin de leur création”. Joliment résumé, non?

 

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