La photographie dans l’entre-deux guerres

Erwin Blumenfeld (1897-1969) – Photographies, dessins et photomontages

Jusqu’au 26 janvier 2014

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Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris I

 

 

Connu surtout pour ses photographies new-yorkaises de mode en couleur, Erwin Blumenfeld (1897-1969) a commencé sa carrière artistique en Europe. C’est ce que nous permet de découvrir la grande rétrospective que lui consacre le Jeu de Paume.

L’exposition débute par l’oeuvre graphique d’Erwin Blumenfeld, né juif allemand, qui a très vite quitté son pays natal pour rejoindre les Pays-Bas. Entre 1916 et 1933, Blumenfeld réalise des collages et des montages qui intègrent des dessins et des fragments de langage. Il joue avec les mots écrits et imprimés, avec la typographie, juxtaposant noms, concepts et lieux pour créer des commentaires ironiques et des titres provocateurs.

Vient ensuite le temps de l’auto-portrait et des portraits en noir et blanc. Blumenfeld débute à Amsterdam, dans un magasin de sacs pour dames, utilisant l’arrière-boutique comme laboratoire. En 1935, il ouvre son propre studio. Un an plus tard, il émigre à Paris. Où il rencontre Matisse, Rouault et entre bientôt dans le milieu de la mode. A chaque fois, Blumenfeld utilise un cadrage très serré, joue avec les contrastes et photographie ses modèles en plongée ou contre-plongée pour un effet spectaculaire.

Avec la découverte des nus de Man Ray, l’artiste projette son imagination sur le corps des femmes. Il les découpe, les solarise, joue avec l’ombre et la lumière pour réaliser des oeuvres tirant vers l’abstraction. A partir des années 1930, les visages de ces nus deviennent invisibles et les femmes demeurent des êtres mystérieux. A l’inverse, lorsque Blumenfeld, après plusieurs internements en camps français (années 1940), fuit à New York, ses nus deviennent des oeuvres concrètes et illustratives.

Une petite section de l’exposition est consacrée à l’architecture (Tour Eiffel, cathédrale de Rouen, Sainte-Chapelle) et au dictateur que Blumenfeld associe à une tête de veau. « Lorsque Erwin Blumenfeld compose différents essais pour un portrait de Hitler, il veut non seulement symboliser le visage du mal mais également nier toute identification possible avec la qualité d’être humain. En mettant en évidence l’échec de la vraisemblance d’un portrait du dictateur, Blumenfeld montre l’impossibilité même de sa représentation et, par conséquent, sa déshumanisation », commente Marta Gili, directrice du Jeu de Paume.

L’exposition se termine sur les images de mode qui ont fait la renommée de Blumenfeld. C’est grâce à Cecil Beaton que Blumenfeld signe son premier contrat avec l’édition française de Vogue. Puis il travaillera pour Harper’s Bazaar. Ses premiers travaux confidentiels oniriques utilisent souvent des miroirs, des tissus et de la dentelle pour accentuer l’effet érotique. Ils évoluent après la guerre vers des images de mode où les effets graphiques sont mis au service de la mise en scène.

A voir aussi les vidéos de Natacha Nisic.

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