La collection Emil Bührle

Manet, Degas, Renoir, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Modigliani, Picasso

Emil Bührle et sa collection, 1954
Photographie de Dmitri Kessel pour LIFE © Dmitri Kessel/The LIFE Picture Collection/Getty images

Jusqu’au 21 juillet 2019

Musée Maillol, 59 rue de Grenelle, Paris 7e

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La collection de l’industriel germano-suisse Emil Georg Bührle (1890-1956) est une des plus prestigieuses au monde. En attendant son intégration dans la nouvelle extension du Kunsthaus de Zurich, elle pavoise sur les cimaises du Musée Maillol !

En 1909, Emil Bührle étudie au lycée la philosophie, la littérature et l’histoire de l’art. Lors d’une visite à Berlin en 1913, il découvre “les magnifiques tableaux de l’Ecole française que le génial Suisse Hugo von Tschudi, directeur de la Galerie nationale, avait acquis malgré la colère de l’empereur allemand”, raconte l’intéressé lors d’une conférence en 1914 sur l’origine de sa collection.

Paul Cézanne, Le Garçon au gilet rouge, 1888-1890 . Huile sur toile
Collection Emil Bührle, Zurich © SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)

“C’est à partir de cet instant que ma décision était prise que si je pouvais songer à garnir mes murs de tableaux de maîtres, ce serait un choix de Manet, de Monet, de Renoir, de Degas et de Cézanne”. Des peintres avant-gardistes encore contestés et refusés par bien des musées.

Le parcours de l’exposition se concentre sur les oeuvres des Impressionnistes, des Post-impressionnistes et des Modernes.


Claude Monet, Champ de coquelicots près de Vétheuil, vers 1879. Huile sur toile
Collection Emil Bührle, Zurich © SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)

Le Champ de coquelicots, près de Vétheuil, vers 1879) de Monet révèle la puissance du geste pictural du maître : un trait de couleur rouge suggère à la fois une fleur ou un visage, les arbres au feuillage agité bordent une Seine brossée à grands coups de pinceaux, et le ciel est restitué par des touches prononcées.

On découvre un surprenant Cézanne, d’une incroyable modernité : La Tentation de Saint-Antoine (1868) dans lequel le corps des femmes semble modelé dans de grosses boules de pâte à modeler tandis que leur visage est plus fin et travaillé.

Edgar Degas, Danseuses au foyer, vers 1889. Huile sur toile
Collection Emil Bührle, Zurich © SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)

Deux nature mortes, une de Cézanne (Fleurs et fruits, 1872/73) et une de Henri Fantin-Latour (Pivoines et pêches, 1873) font face à la représentation du mouvement incarné par Degas (Danseuses au foyer, 1889 et Avant le départ, 1878/80). Le format panoramique accentue la dimension narrative de la préparation à l’action ; la scène semble capturée tel un instant photographique.

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Les paysages font place aux scènes d’intérieur avec Le Salon des Natanson, rue Saint Florentin (1897/98) d’Edouard Vuillard, Tournesols sur un fauteuil de Paul Gauguin ou encore Nature morte aux oranges (1907/08) de Maurice de Vlaminck. Les couleurs fauves irradient les toiles.

Vincent Van Gogh, Le semeur, soleil couchant, 1888. Huile sur toile
Collection Emil Bührle, Zurich © SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)

Le Semeur, soleil couchant (1888) – vibrant hommage à Jean-François Millet – de Van Gogh et L’Italienne (1917) de Picasso concluent avec brio cette remarquable sélection. A ne pas rater !

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