Dessiner les champignons au XVIIe siècle

Les dessins de Champignons de Claude Aubriet par Xavier Carteret & Aline Hamonou-Mahieu
Publications scientifiques du Museum National d’Histoire Naturelle, 329p., 94€

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Pour accompagner l’exposition consacrée à l’oeuvre graphique de Claude Aubriet (1665-1742), grand dessinateur français à l’instar de Joseph Redouté avec qui le Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes avait inauguré l’ouverture de son espace (2008), le Museum National d’Histoire Naturelle publie un ouvrage exemplaire sur les dessins de champignons réalisés par ce peintre des rois Louis XIV et Louis XV.

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Mal connus, les champignons ont longtemps intrigué les naturalistes. . Les cryptogames apparaissaient en effet bien mystérieux du point de vue de leur reproduction, organisation voire de leur existence même.

Leurs représentations, rares sous l’Ancien Régime, transcrivent les hésitations et les errements scientifiques de l’époque. Celles de Claude Aubriet paraissent dès lors d’autant plus précieuses que ce peintre en miniature savait rendre (presque) toutes les nuances et formes de cette immense famille végétale.

Ses dessins de champignons sont exécutés à une période clé dans l’histoire de la mycologie. En 1729, Pier Antonio Micheli publie dans son ouvrage fondamental – Nova plantarum genera – une étude précise des champignons, accompagné d’excellentes gravures en noir et blanc. Celles d’Aubriet ont l’avantage d’être en couleur.

Le livre, en édition bilingue français-anglais, présente les planches de champignons, accompagné de commentaires concis, à la fois de teneur scientifique mais aussi d’ordre  plus artistique avec l’analyse des traits, du choix des couleurs, etc.

Ainsi peut-on lire au sujet de la planche 59 (Entoloma lividum): “Ce champignon peint par Aubriet est une belle espèce robuste, appétissante d’aspect mais… fortement toxique. Les lames jaunes sur le spécimen couché, montrent qu’Aubriet a su observer le changement de couleur de l’hyménophore avec l’âge, ce qui permet ici de reconnaître parfaitement l’entolome livide. Le pied robuste et renflé à la base est également caractéristique. En revanche, le chapeau est beaucoup plus surprenant: sa marge exagérément ondulée et festonnée paraît avoir frappé Aubriet, ainsi que le large mamelon central, délimité schématiquement par deux traits concentriques. L’exemplaire couché, en bas, est particulièrement réussi, le peintre étant parvenu à rendre l’aspect légèrement torsadé du pied, ce qui est loin d’être facile. Observons enfin l’absence du ‘système motte-racines’ ainsi que la délicate peinture des morsures de vers, sur la vue en coupe. Cette planche finalement apparaît assez paradoxale: la finesse de l’illustration des spécimens couchés et coupés contraste avec le chapeau grossièrement schématisé, qui rendrait presque l’espèce méconnaissable”(p.223).

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Ce magnifique ouvrage s’adresse autant aux connaisseurs qu’aux néophytes, qui se découvriront peut-être une passion autre que celle de les manger!

A noter: une visite guidée de l’exposition aura lieu le vendredi 1er avril à 14h, dans le cadre de la semaine du dessin (Renseignements et réservations : 01 45 22 61 05). L’exposition se tient jusqu’au 04 avril 2011.

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