Prix photo AFD / Polka

Brodbeck & de Barbuat – Les mondes silencieux

Pascal Maitre – Quand l’Afrique s’éclairera

Jusqu’au 07 janvier 2018

Maison européenne de la photographie, 5/7 rue de Fourcy, Paris 4e

Très bonne surprise de découvrir Brodbeck & de Barbuat, anciennement « Lucie & Simon » rencontrés au Patio Opéra (2014) et exposés aujourd’hui à la Maison européenne de la photographie. Aux côté de Pascal Maitre, prix Agence Française du Développement( AFD) / magazine Polka, pour son reportage sur l’Afrique et son enjeu de l’électricité.

Le duo germano-français Brodbeck & de Berbuat expose ses photos et vidéos, marquées par l’absence de mouvement, avec des autels poétiques, composés notamment de fleurs séchées glanées dans les jardins de l’Académie de France à Rome – où ils viennent de passer un an en résidence – et d’anciens daguerreotypes, à l’origine de leur inspiration pour leurs oeuvres visuelles.

Les artistes trentenaires, qui oeuvrent ensemble depuis 2005, font cohabiter dans leur vidéo un hommage à la photographie ancienne – caractérisée par l’absence de mouvement liée à un long temps d’exposition – et moderne en superposant sur le premier une vidéo où un personnage, généralement Lucie, déambule. Techniquement, ils posent un appareil avec trépied sur une place de capitale bien animée (ici, place de l’Opéra, 2009) pendant cinq heures (le temps nécessaire à l’effacement de tout ce qui bouge). Puis Simon filme Lucie en train de vadrouiller entre les voitures mais dans le résultat final, on ne la verra que marchant seule sur le boulevard selon une trajectoire très chorégraphique !

Cette série « Les mondes silencieux » confronte l’homme à l’espace qui l’entoure : son mouvement perpétuel l’éloigne-t-il de ce qu’il est intrinsèquement ?

Repenser le rapport de l’homme à son environnement est aussi la thématique que l’on retrouve dans les photographies de Pascal Maitre, d’un point de vue moins philosophique qu’économique.

 

Si l’Hémisphère Nord subit la pollution lumineuse, le Sud apparaît comme éteint, à l’exception de quelques îlots de lumière. Seuls 25% des habitants de l’Afrique subsaharienne bénéficient de l’électricité, avec un approvisionnement très irrégulier. Sept pour cent y ont accès en zone rurale. Quarante-huit pays africains habités par 800.000 millions de personnes génèrent une production d’électricité équivalente à l’Espagne, occupée par 45 millions d’habitants.


Les lampes à pétrole, qui dégagent des odeurs toxiques, sont souvent le seul moyen d’éclairer les villages. Accouchement sous les effluves d’une lampe à pétrole, devoirs du soir à la lueur d’un téléphone portable. Pascal Maitre cite un Béninois, qui lui confie que « dès 18h, il a l’impression d’entrer dans un tombeau. »

Quelques espoirs cependant: les énergies renouvelables (barrages – quoique déjà controversés -, panneaux photovoltaïques, éoliennes). L’Ethiopie produit 99,9% de son énergie en vert ; elle est classée derrière l’Islande dans ce domaine. « Mais quid de l’entretien des équipements dans le temps ? », se demande le photographe.

Des oeuvres qui savent se faire belles tout en faisant réfléchir, exactement ce que j’apprécie dans l’art !

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Une réponse à Prix photo AFD / Polka

  1. De très belles œuvres. Elles sont à couper le souffle.

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