L’atelier en plein air

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Gustave Caillebotte (1848-1894), Régates en mer Villerville-Trouville, vers 1884 Toledo Museum of Art ; Gift of The Wildenstein Foundation, 1953.69 © Photograph Incorporated, Toledo Les Impressionnistes en Normandie

Jusqu’au 25 juillet 2016

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Catalogue de l’exposition: 

Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, Paris 9e

Le musée Jacquemart-André retrace l’histoire des Impressionnistes, des avant-gardistes aux grands maîtres à travers le thème de leurs peintures normandes. Pour l’occasion, des oeuvres rares sont décrochées de leurs cimaises privées !

1874 : naissance de l’impressionnisme ? « Le mouvement est né bien avant ! », avance Jacques-Sylvain Klein, commissaire de l’exposition (historien de l’art).

L’exposition présente ainsi les précurseurs de ceux qui feront du plein air leur atelier.  Si le mouvement est officiellement fondé en 1874, sa filiation date d’avant 1863 (Salon des Refusés) et remonte aux années 1820, avec l’école anglaise de la peinture qui maîtrise déjà l’art du paysage.

Turner, Bonington, Cotman sillonnent la Normandie, admirant la diversité de ses paysages et la richesse de son patrimoine architectural. Sans oublier ses variations atmosphériques continues.

Delacroix partage un atelier avec Bonington, qui sera d’une grande influence sur l’avant-garde française. Avec Géricault, Delacroix sera le premier peintre français à faire le traditionnel voyage initiatique non pas à Rome mais à Londres. Pour découvrir l’école anglaise. De ces échanges va naître l’école française de la nature dont Corot (Jumièges, 1829/31) sera le principal représentant.

La Mer vue des hauteurs de Dieppe – première station balnéaire, créée sous l’impulsion de la Duchesse de Berry, suivant la mode de Brighton (inaugurée vers 1750) – de Delacroix représente le premier tableau où apparaît la touche impressionniste.

La mode des bains de mer se propage tout le long de la Côte d’Albâtre (Fécamp, Etretat, Veules-les-Roses) jusqu’à Honfleur, Trouville puis à partir des années 1860 Deauville, Houlgate, Cabourg. Stations chics créées de toutes pièces, avec leurs casinos, établissements thermaux, théâtre et hippodromes. Ici on vient se baigner mais surtout poursuivre une vie mondaine.

Eugène Boudin qui vit alors dans la misère à Honfleur se met à peindre les scènes de plage de cette clientèle fortunée, assurément son plus grand succès. Elles vont ensuite inspirées Monet, alors caricaturiste, dira de Boudin qu’il lui a « ouvert l’oeil » (Camille à la plage à Trouville, 1870 – prêt exceptionnel  de la Yale University Art Gallery), et Jongkind. Courbet qui invente les toiles en série avec ses falaises d’Etretat, Daubigny, Bazille, Whistler, Cals se joignent à eux. Tous se réunissent à la Ferme Saint-Siméon, peinte par Boudin (1854/57). Sans oublier Baudelaire, le premier à avoir célébré les « beautés météorologiques » de Boudin dès 1859.

Boudin, Eugène-Louis (1824-1898), Scène de plage à Trouville. Huile sur panneau. Collection particulière. Courtesy Galerie de la Présidence, Paris © Galerie de la Présidence, Paris

Non loin de là, Degas peint ses premières courses de chevaux au Haras-du-Pin dans la Normandie bocagère. Tandis que Berthe Morisot s’initie au paysage et que Manet révolutionne la peinture de marine depuis son point d’attache à Cherbourg.

Dès lors, la Normandie va devenir l’atelier en plein air préféré des Impressionnistes. Renoir (Falaises près de Dieppe, 1879 – oeuvre qui vient d’obtenir son authentification et qui a rarement été montrée), Pissarro, Sisley, Caillebotte, jusqu’à Gauguin (Le port de Dieppe, 1885 – seule oeuvre peinte par le maître sur ce thème – ses autres oeuvres normandes représentent la campagne).

Gauguin, Paul (1848-1903). Le Port de Dieppe, 1884. Huile sur toile. Manchester City Galleries © Manchester Art Gallery, UK / Bridgerman Images

C’est l’un des points forts de l’exposition : hormis la sélection d’oeuvres rarement montrées, elle met en avant les liens qu’entretiennent les peintres et l’on découvre un véritable dialogue entre les oeuvres.

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