L’expérience de l’immatérialité de l’oeuvre

Soto, dans la collection du Musée national d’Art moderne

Jusqu’au 20 mai 2013

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Centre Pompidou, Niveau 4, Paris IV

 

Protagoniste de l’art cinétique des années 1950/60 en Europe, Jesus Rafael Soto (1923-2005) est présenté pour la première fois au musée national d’Art moderne, à travers vingt oeuvres clés, proposées en dation* à l’Etat par la famille de l’artiste. Découvrir l’oeuvre de Soto, c’est faire l’expérience de l’immatérialité de l’oeuvre.

 

Devant les oeuvres de Soto, il faut bouger, tourner autour, voire les pénétrer. La quête artistique de ce Vénézuélien d’origine est de mettre en relation l’oeuvre avec l’espace, de jouer avec le mouvement et les couleurs.

Fasciné par Mondrian, Malevitch, Albers mais aussi Moholy-Nagy et Y. Klein, Soto estime que chaque artiste est un maillon de l’histoire de l’art. Que les maîtres ne doivent pas être copiés mais dépassés.

C’est ainsi qu’après avoir vu la spirale de Duchamp, Soto imagine une oeuvre qui crée le mouvement sans moyen mécanique mais par effet d’optique lorsque le spectateur se déplace autour de sa spirale en Plexiglas, positionnée devant un losange peint sur fond de bois, reprenant lui-même le motif de la spirale. Pour l’artiste, la Spirale (1955) représente son passage définitif de l’art optique à l’art cinétique.

Puis viennent les oeuvres dans l’espace, composées de tiges d’aluminium, accrochées au plafond, et formant ce que Soto appelle des Volumes suspendus. Oeuvres qui sont appelées à être traversées par le visiteur. Ces Pénétrables créent un double effet de vibration, celui que l’on perçoit de l’extérieur et celui que l’on découvre en traversant l’oeuvre. La musique est en effet très importante pour l’artiste qui était guitariste de cabaret avant de pouvoir vivre de son art.

La troisième phase de son cheminement artistique est l’introduction de carrés de couleur. Il crée à partir de celle-ci un effet d’optique de mouvement constant, d’avancée ou de recul des carrés, en les disposant dans un même plan, devant une surface rayée ou unie. Ici, le mouvement n’est plus lié au déplacement du spectateur mais naît de l’illusion d’optique engendrée par le jeu des couleurs. “Soto cherche à donner à la forme et à la couleur sa propre vie”, commente le commissaire de l’exposition, Jean-Paul Ameline.

Il n’est pas plus facile de vous décrire les oeuvres de Soto que de pouvoir les regarder tant l’effet d’otique est puissant. Je n’ai malheureusement pas réussi à apprécier à leur juste valeur ces oeuvres tellement elles irritaient ma rétine! Mais le concept reste intéressant…

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*Dation : Dispositif permettant de payer à titre exceptionnel des droits de succession ou l’impôt sur la fortune par la remise à l’Etat d’oeuvres de haute valeur artistique ou historique.

 

 

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