Figure magistrale de l’abstraction

Simon Hantaï

Jusqu’au 2 septembre 2013

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Centre Pompidou, Niveau 6, Galerie 1, Paris IV

 

Première rétrospective depuis trente-cinq ans, l’exposition présentée au Centre Pompidou sur Simon Hantaï (1922-2008) retrace les grandes phases de son art. De ses premières peintures figuratives à son cheminent vers l’abstraction. Marqué du sceau de la pensée et du labeur, l’oeuvre de Simon Hantaï est inédite et magistrale.

Les premières peintures donnent le ton de son originalité. Des silhouettes fantastiques, des formes organiques qui évoque le surréalisme ambiant à son arrivée à Paris – né à Bia, près de Budapest, il émigre à Paris en 1948 -. Il s’essaie à diverses techniques : collage, frottage, grattage, coulures et froissement du papier.

De ses années expérimentales, Hantaï retient le grattage de peinture à l’aide d’un cercle de réveil, laissant des petites touches telles des larmes de couleur. Les éléments figuratifs tendent à disparaître. Il se tourne ver le dripping et l’all over à la manière de Pollock. Cette phase atteint son paroxysme avec la juxtaposition inédite de deux toiles réalisées simultanément  en 1959, l’une le matin, l’autre l’après-midi : Ecriture rose et A Galla Placidia. La première est recouverte d’écritures religieuses, philosophiques, poétiques, à l’encre noire, verte, rouge, violette, en aucun cas rose même si le résultat donne une tonalité rosée. Elle porte une petite croix et l’étoile de David, référence à la religion de sa femme. Quant à la seconde toile tout aussi monumentale, elle fait surgir en son centre une immense croix religieuse, dorée, qui fait référence à la peinture italienne, celle que Hantaï à découverte à Ravenne et qui l’a profondément marqué.

Vient la période du pliage, la série des Mariales. La toile est pliée et les parties restées accessibles sont peintes. Puis la toile est dépliée et les parties froissées sont peintes à leur tour. Le nom évoque le manteau de la Vierge Marie, accueillant toute l’humanité. Parallèlement, elle sonne le glas de la peinture religieuse de Hantaï.

En 1963, la dernière toile des Mariales est retravaillée pour aboutir à la série des Catamurons, nom d’une des maisons de villégiature que Simon Hantaï loue à Varengeville. Cette fois-ci, la toile pliée peinte est recouverte d’une couche de peinture blanche. Les quatre bords sont ensuite repliés, le carré restant est de nouveau froissé et peint plusieurs fois. “L’éclatement des Mariales n’engendre pas, comme on pourrait s’y attendre, à un épurement de la toile menant aux Blancs (série de 1973/74)”, explique Dominique Fourcade, co-commissaire de l’exposition. “Mais de manière paradoxale à un resserrement”.

Les Meuns (1967), du nom d’un village proche de Fontainebleau où Hantaï s’installe en 1966 (avant de revenir à Paris), puis les Etudes (1969) et les Blancs ont toutes pour base le pliage de la toile, qui est ensuite peinte avec une seule couleur. Après dépliage, le blanc des zones en réserve, laissé intact, agit à égalité avec la couleur. Il en résulte, à mes yeux, la représentation de feuilles de bambou (feuilles blanches sur fond vert).

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Pliages en blanc sur blanc, les Tabulas lilas (1982) annoncent l’aboutissement des recherches de Hantaï sur la couleur : les formes blanches peintes sur la toile à drap produit une lumière lilas immatérielle.

Enfin – et c’est là où je trouve que la créativité de l’artiste, pourtant indéniablement féconde, s’essouffle – Simon Hantaï entreprend un travail de destruction de son oeuvre. Avec l’aide de son ami peintre Antonio Semeraro, il découpe et recadre certains éléments de ses Tabulas de 1981 pour générer une nouvelle série d’oeuvres intitulées Laissées, exposées pour la première fois en 1998.

L’exposition est complétée par un film d’archives de l’INA qui permet de visualiser concrètement la technique du pliage de Hantaï. Et d’écouter ses idées sur la matérialité de la peinture, son rapport direct, presque “dérisoire” à la matière, qui s’inscrit dans l’Histoire. Se hissant au même niveau que les peintres en bâtiment et les femmes africaines des temps anciens.

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