La Belgique à Paris!

Rubens, Van Dyck, Jordaens et les autres

Jusqu’au 3 février 2013

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Musée Marmottan Monet, 2 rue Louis-Boilly, Paris XVI

 

Le musée Marmottan Monet présente une sélection d’oeuvres baroques flamandes appartenant aux musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles). Avec des chefs-d’oeuvre de Rubens, Van Dyck et Jordaens.

Contexte historique. Les archiducs Albert et Isabelle de Habsbourg (1598-1621) gouvernent les Pays-Bas méridionaux au début du XVIIe siècle. Après quarante ans de guerre de religion, le pays retrouve sa stabilité politique et sociale. Le commerce peut reprendre. Si Anvers représente le principal centre culturel et économique, Bruxelles, où demeure la cour, attire de nombreux artistes. Les archiducs sont eux-mêmes d’avides collectionneurs d’art flamand, dont ils décorent leur palais.

A la mort de l’archiduc Albert en 1621, les Pays-Bas méridionaux retournent sous l’autorité espagnole. Bruxelles voit défiler les gouverneurs jusqu’à l’arrivée de l’archiduc Léopold Guillaume de Habsbourg (1647-1656), féru d’art. L’artiste David Teniers le Jeune devient son conservateur de peintures. Il réunit une collection d’oeuvres flamandes, hollandaises, allemandes et surtout italiennes, que Teniers représente dans une série de tableaux de cabinet.

L’exposition présente une quarantaine de tableaux de ce Siècle d’Or, autour des thématiques qui ont fait la renommée de la peinture flamande : la scène de genre, la peinture d’histoire, le portrait, le paysage et la nature morte.

Les chefs-d’oeuvre comprennent Les Miracles de saint Benoît qui met à nu la virtuosité de Rubens et le truculent  Le Roi boit de Jacques Jordaens. Le Portrait du Père Jean Charles della Faille de Van Dyck offre une incroyable sobriété chromatique, réhaussée par la pâleur du visage et des mains du sujet.

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J’ai particulièrement apprécié la marine Le Port de Paul Brit, à la composition étudiée – lignes de fuite de part et d’autre du tableau qui délimitent un espace lumineux, se réfléchissant sur l’eau – et le Paysage sablonneux de Lodewijk de Vadder, au chromatisme plus contrasté – succession de brun, vert, bleu. Citons encore le lyrique Paysage hivernal au coucher de soleil de Jacques d’Arthois. Et le Paysage italien de Jan III de Momper, dont la lumière crépusculaire est typique des clairs-obscurs flamands tandis que l’artiste s’inspire d’une vue italienne.

Enfin, la Vanitas de Cornelis Norbertus Gysbrechts est traitée avec beaucoup de finesse. La précarité de la vie terrestre est évoquée par le crâne central. Mais la bougie tout juste éteinte et la bulle de savon près d’éclater suggèrent également la fragilité de l’existence. Le rasoir, le fer à briser, le peigne et le crayon à lèvres fustigent, quant à eux, la vaine aspiration des mortels à s’embellir.

La peinture flamande baroque n’est pas la plus facile à apprécier mais les oeuvres présentées ici vous aideront sûrement à réviser votre jugement!

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