Itinéraires de l’art en Chine

Rochers de lettrés

Jusqu’au 25 juin 2012

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Musée Guimet, 6 place d’Iéna, Paris 16e

Des pierres travaillées par l’érosion qui ressemblent aux créations de la Nature: montagnes, grottes, etc. Sur lesquelles les lettrés chinois, perdus dans la contemplation de ces beautés naturelles, poussent l’esthétisme jusqu’à y graver des poèmes. L’exposition “Rochers de Lettrés” au musée Guimet présentent des pièces rares autour de l’art de la calligraphie chinoise.


La contemplation des pierres – fragments de montagnes ou entrailles de la terre, souvent appelés “os de la montagne” ou “racines de nuages” – fait surgir une émotion esthétique plus subtile, moins directe mais tout aussi profonde, que celle qui se dégage de l’observation des accessoires des lettrés (pierres à encore, papier, pinceau, sceau, pose-pinceau), présentés en deuxième partie d’exposition.

Etre fonctionnaire en Chine – métier très enviable en Orient – , c’est être lettré donc maîtriser l’écriture. L’usage et le choix du pinceau font dès lors l’objet d’un soin particulier. Certains lettrés n’acceptaient sur leur bureau que des accessoires qui répondent à des critères esthétiques précis tels que leur lien plus ou moins direct avec le monde de la nature.

Ainsi de la pierre à encre, qui permet de broyer le bâton d’encre; il  a été le premier “rocher” de lettré.  Puis, la pierre, incarnant les forces telluriques de l’univers dont ce minéral offre un condensé tout autant que de ses montagnes, vient orner le jardin. Avant de s’introduire dans le studio du lettré à partir du VIIe siècle. Plus de cent variété de roches existent. Celles du Lac Tai, de Lingbi ou de Ying sont particulièrement recherchées pour leurs formes, perforations, couleurs et textures. Des poètes comme Bo Juyi, Mi Fu, Su Dongpo ont chanté leurs louanges.

Le sceptre ruyi, tenu dans les mains des Sept sages de la forêt de bambou, fonctionne également comme un élément indispensable du lettré (pour ses discours). Sa forme, en tige surmontée de l’ombrelle du champignon, s’inscrit dans des racines ou de vieux bois. Parfois, un élément minéral se trouve naturellement incrusté dans le végétal. Plus tard, le pot à pinceau, qui joue en outre le rôle du tiroir occidental, devient le meilleur ami du lettré.

Ces objets deviennent particulièrement chéris sous la dynastie des Ming (r. 1368-1644). A la fin de leur règne, des supports de bois pour les rochers sont fabriqués. Du statut d’objets de lettrés, ils acquièrent le statut d’objets d’art.

La troisième partie de l’exposition s’intéresse aux portraits de pierre réalisés par les artistes contemporains Liu Dan et Zeng Xiaojun. Malheureusement, je ne saurai vous en dire à ce sujet car les oeuvres n’étaient pas encore accrochées lors du vernissage! Mais les deux premières parties de l’exposition permettent à elles-seules de découvrir un art millénaire et raffiné.

 

 

 

 

 

 

 

 

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